CJD : des thématiques socio-économiques sous la loupe des partis politiques (P.1)

CJD Partis politiques Tunisie

Le Centre des Jeunes Dirigeants d’Entreprise (CJD) et la Konrad Adenauer Stiftung (KAS) organisaient, ce matin, une rencontre avec les principaux partis politiques. Et ce, afin de leur permettre de présenter les principaux aspects socio-économiques de leurs programmes.

Ainsi, les participants à la rencontre du CJD sont : Yassine Brahim pour Afek Tounes; Hédi Larbi pour Al Badil Tounsi; Mongi Werda pour le Courant Démocrate; Sadok Jabnoun de Qalb Tounes et Zied Laadhari pourle Mouvement Ennahdha. Sachant que les représentants de Tahya Tounes, Nidaa Tounes et Parti Libre Destourien étaient absents.

Et le débat a eu lieu autour de plusieurs thématiques socio-économiques, au cœur des préoccupations du CJD et des différents acteurs économiques.

Quel modèle économique ?

En effet, la première question est axée sur le modèle économique. En réponse, Afek Tounes tient à démontrer que sa vision est la même depuis huit ans. Donc, il insiste que l’ancien modèle économique a montré ses limites, que l’étatisme a vécu et que l’Etat s’est affaibli.

Face à cette situation, Afek Tounes mise sur l’efficacité de l’Etat, notamment dans les services sociaux. Et ce, en optant pour la mise en place d’un revenu universel de base qui doit remplacer le système de subvention.

De son côté, le Courant Démocrate affirme que puisque le modèle économique a atteint ses limites; il est temps d’opter pour une Tunisie intelligente, créative, propre, forte et équitable.

Il faut, donc, passer de l’économie de rente à l’économie numérique et de passer à un changement énergétique pour un développement durable.

Dans le même sillage, Al Badil Tounsi assure que face à un modèle économique qui a montré ses faiblesses depuis les années 70, il importe de renouveler la confiance et de revoir le rôle de l’Etat. Notamment au niveau de la croissance, le développement, et les mesures sectorielles (éducation, infrastructures, industries, santé, services publiques…).

Quant au Mouvement Ennahdha, il estime que ce modèle low cost s’est essoufflé. Il faut, donc, passer d’un modèle économique low cost à un modèle basé sur l’intelligence et la haute technologie.

A cet égard, il est nécessaire de se baser sur une politique de grands projets, un grand plan pour les PME (financement, accompagnement…), des réformes en faveur des startup et des entrepreneurs, surtout celle de la gouvernance.

Qalb Tounes insiste, pour sa part, sur le « business ready », soit une Tunisie prête pour l’investissement et les affaires. D’où, il faut réviser tout le modèle d’investissement, le financement des entreprises et de la fiscalité. Il propose, dans ce sens, une « flat tax » (impôt à taux unique ou impôt proportionnel).

Sur le plan social, il faut, selon le même parti, la restructuration du système de subvention et la création de l’emploi et de la richesse à travers l’économie solidaire.

CID : digitalisation de l’administration

En réponse à la question du CJD sur la digitalisation de l’Administration, Mongi Werda estime qu’il importe d’enraciner la transparence et la bonne gouvernance à travers la digitalisation.  A cet égard, il faut mettre en place une stratégie sur cinq ans.

Yassine Brahim précise que la digitalisation est la clé d’une administration efficace pour améliorer les services et lutter contre la corruption. Pour financer cette digitalisation et l’appliquer au bout de deux ans, on peut vendre, selon lui, quelques actifs à la propriété de l’Etat tunisien.

Du côté de Zied Laadhari, il indique que la digitalisation fait partie de la réforme de l’Administration. Au début, il importe de mettre en place un système d’information intégré d’Etat et cloisonner les administrations et les ministères. Ceci peut être financé à travers des dons s’inscrivant dans le cadre des coopérations. Mais le problème consiste dans l’application, nécessitant une volonté politique.

Sadok Jabnoun souligne que la digitalisation doit être totale et active pour réduire la bureaucratie. Et ce, en optant pour l’identifiant unique et une base de données unifiée. Ceci peut être financé à travers le budget de gestion des administrations et la coopération internationale et avec le secteur privé.

Pour sa part, Hédi Larbi estime que la digitalisation n’est pas seulement celle de l’Administration, mais aussi de toute la société pour une économie de savoir. D’où, il importe en premier lieu d’augmenter la productivité et de simplifier les procédures. Puis, il importe de miser sur la décentralisation dans cette digitalisation et de coopérer avec le secteur privé.

CJD : conditions du FMI, notamment la maîtrise de la masse salariale

En réponse à cette question du CJD, le Mouvement Ennahdha déclare que la Tunisie a besoin de réformes approfondies, de l’investissement dans l’avenir et dans le capital humain.

Dans ce sens, un pacte social national autour de ces réformes et de transformation globale de l’économie s’impose. S’ajoute à cela des mesures et une vision claire pour cinq ans. Notamment un package plus intéressant pour l’investissement.

Qalb Tounes précise que la masse salariale devient de plus en plus lourde pour le budget de l’Etat. Il faut donc une cartographie de la fonction publique, un plan de départ volontaire avec une garantie de financement pour créer des micro-projets (économie solidaire).

A cet égard, un dialogue économique avec toutes les parties prenantes s’impose. Et ce, pour six mois seulement, en passant par la suite à l’exécution, au renouvellement des négociations avec le FMI, vers des solutions bien loin de la mauvaise gestion.

Dans le même ordre d’idées, Al Badil Tounsi dit que la rupture totale avec l’ancien modèle est nécessaire. Passer à l’action en mettant en œuvre un nouveau modèle économique et social et négocier avec les institutions internationales. Ce qui exige une vision claire et raisonnable ainsi qu’un programme de mise à niveau de financement.

Le Courant Démocrate fait savoir que le vrai problème est que le PIB de la Tunisie reste toujours faible. Ce qui nécessite de remettre en marche tous les moteurs de croissance.

Quant à Afek Tounes, il dévoile que la fonction publique a perdu des compétences. Ceci exige d’instaurer le leadership dans cette fonction, la transformer globalement et de la rendre plus efficace.

 

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