Kerim Bouzouita analyse la prestation des candidats à la présidentielle

candidats à la présidentielle

Pour le 3ème débat présidentiel, beaucoup se posent des questions. Les sept candidats à la présidentielle ont-ils réussi à susciter l’intérêt des Tunisiens ? Quel est le feed-back. 

Kerim Bouzouita, anthropologue, estime que les grands gagnants sont : Safi Saïd et Youssef Chahed.

Il s’explique : « Safi Saïd est égal à lui-même. Il a martelé des formules percutantes et a tourné autour de l’idée entonnoir de la souveraineté du peuple. »

Selon lui, son débit reste sa signature, son articulation est parfaite et il accentue les mots clefs à volonté. Bien entendu, sa consistance sur les dossiers est théorique à cause de sa méconnaissance de la chose publique : rapports des force, administration, etc. Mais sa performance est parfaitement adaptée à un électorat diplômé mais peu cultivé.

Pour le cas de Youssef Chahed, il estime qu’il était consistant sur les dossiers. Fluide, sans stress. Ce qui est en contraste avec les contre-performances des autres candidats. C’est, en gros, eux qui le font gagner par leur manque de présence. Il ajoute : « La voix est maîtrisée, les gestes par contre restent didactiques, alors que la démonstration d’une « Tunisie plus forte » passe nécessairement par des gestes ponctuatifs et déictiques (gestes pointeurs). »

Cela dit, « il ne crée pas un lien affectif avec les électeurs en parlant de leur vécu et du sien pour bâtir des ponts », dit-il. 

Les éléments de langage, selon Kerim Bouzouita

Par ailleurs, les éléments de langage sont également la faiblesse de cette performance. Le vocabulaire martial de la force et de l’autorité était rare par rapport à la sémantique technocratique. Résultat des courses ? 

De ce fait, Safi Saïd, plus connu comme étant le polémiste fidèle à son rôle de commentateur, ne se repense pas en homme d’Etat et reste dans sa case confortable. « Pas de consistance politique même si la culture politique est là », souligne-t-il. 

Il ne cible personne en particulier. Il est une sorte de version générique de Marzouki. Depuis que ce dernier est dans la course, Saïd coule dans les intentions de vote. Ce soir, il n’a pas trouvé sa bouée de sauvetage.

De son côté, Hamma Hammami a fini par devenir sa propre caricature. Il retombe dans les travers de la gauche. Pas de consistance sur les dossiers. Le militant contestataire ne se convertit pas en homme d’État et il semble n’avoir rien retenu de son excellente campagne de 2014.

Quant à Saïd Aidi, « il était dans l’ensemble peu expressif, la structure de ses réponses allait du général au particulier au lieu du contraire », précise Bouzouita. 

Enfin Selma Elloumi, avait un « paraverbal plus stressé et stressant mais le non-verbal était mieux maîtrisé que pour le cas de Saïd Aidi. »

Et pour ce qui est de Seiffedine Makhlouf, « No comment », conclut-il.

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