Tunisie: Salma ya salama

Tunisie Salma ya salama

Vous, vous attrapez, nous on relâche. Ainsi parlait « Zaratoustra » de M…à propos des tueurs de « tawaghits »…pour ne pas avoir à réciter la « Fatiha » sur la Tunisie. On l’a tellement fait sur les morts pour la patrie durant ces huit longues et harassantes années, que c’est devenu machinal. On a tout de même prié pour que le président de la République se rétablisse.

L’ambassadeur US et son collègue français l’ont fait, à leur manière, en se mélangeant à la foule et en buvant un café…Si vous demandez à nos chers et valeureux politiciens de quoi ils préfèrent parler aujourd’hui en Tunisie, ils vous répondront à l’unisson: patente, succession et crimes sans châtiment. Demandez-leur ce qu’ils ont le plus en horreur, ils vous diront, qu’on leur demande des comptes. Ils ont tellement pris plaisir à délivrer des chèques sans provision…

Après Nabil Karoui et son cœur gros comme ça, c’est autour de Selma Rekik Elloumi de nous gratifier d’un tant qu’il y aura de l’espoir pour nous regonfler à bloc. Gonflés Abou Khalil et la prêtresse qui venait du lac, pour nous vendre de tels produits!

Et à l’heure où le « consommez tunisien » est remis au goût du jour, je ne suis pas sûr que nos deux fugitifs soient de fervents supporteurs du « Fabriqué en Tunisie ». Il est heureux que le million et demi de nouveaux électeurs, dont beaucoup de jeunes, vont pouvoir dire leur mot à ceux qui leur ont menti. Une jeunesse aigrie et récalcitrante à donner de la voix…

Quand les jeunes commencent à critiquer leurs aînés et que ces derniers écoutent, c’est toujours bon signe dit-on. La preuve irréfutable que le pays progresse. Il faut bien que ça déménage, pour que des coups de torchon du type révision du code électoral, pour éliminer des concurrents gênants, ne se reproduisent plus.

Tunisiens, Tunisiennes, faites votre choix…

A quelques centaines de mètres de l’arrivée aux élections, les Tunisiens se décideront-ils enfin à renverser la table ? Je regarde comment les états-majors des partis s’agitent, s’activent et je me dis : qu’est-ce qui compte le plus pour ces gens- là ? Trouver des solutions pour sortir le pays du marasme ? Ou bien tout faire pour gagner les prochaines élections ?

Quand en plus, j’entends le chef du gouvernement dire que la refonte des secteurs vitaux de l’énergie et des mines est en panne pour cause de blocages. Je suis sidéré. M. Chahed est aux commandes depuis trois ans, comment a-t-il pu laisser passer tout ce temps, sans qu’il ne donne un coup de pied dans cette véritable fourmilière qu’est devenu le secteur de l’énergie ? En être encore à identifier des pistes, quel gâchis !

Annoncer pour 2020 la fin du transport routier du phosphate et la remise sur rail du rail, il faut le faire ! D’ici-là, les corrompus, qui ont entravé l’acheminement de cet important minerai par train, auront encore le temps pour trinquer…

La tête à droite, le cœur à gauche. Une gauche qui s’offre en spectacle et qui fait peine à voir. Pourtant, les envolées lyriques sur les riches, les pauvres et le combat contre les inégalités font toujours rêver et entretiennent toujours la flamme pour que la Tunisie soit plus juste.

Notre sous-sol n’a pas encore livré tous ses secrets, la belle affaire. Pourquoi M. Chahed nous confesse-t-il cela maintenant, alors qu’il aurait mieux valu qu’il parle moins et qu’il agisse plus ?

L’autre soir sur Hannibal, j’ai vu un Ghannouchi grincer des dents et cacher mal son amertume, quand on lui a demandé sa réaction après la gifle donnée par les stamboulis au candidat de l’AKP d’Erdogan lors des dernières municipales. Signes avant-coureurs de la fin de l’islam politique ? Que nenni, a répondu le cheikh avec suffisance et hauteur, dites plutôt « chmata ».

Et avec ça, on veut nous convaincre que le pays peut s’en sortir…Tunisiens, Tunisiennes, faites votre choix…

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