Orientation universitaire : quand le premier emploi se fait attendre

orientation universitaire L'Economiste Maghrébin

Le délai d’attente moyen pour une première insertion professionnelle suite à l’obtention du diplôme universitaire en 2019 est de 29 mois (2 ans et cinq mois). C’est ce qui ressort du Guide d’orientation universitaire 2019 de l’Institut arabe des chefs d’entreprise (IACE)

Majdi Hassen, conseiller exécutif auprès de l’IACE, a annoncé les résultats de cette enquête, aujourd’hui, lors d’une conférence de presse tenue au siège de l’IACE. En effet, l’objectif principal du guide de l’orientation universitaire est de présenter le délai d’attente moyen pour trouver son premier emploi. Il vise également à aider les bacheliers dans leurs choix universitaires, en leur fournissant le degré de l’employabilité des filières universitaires.  Le guide d’orientation universitaire en question permet, entre autres, de  fournir une analyse du marché de l’emploi en se basant sur la perception des diplômés de l’enseignement supérieur.  Ainsi, il présente un classement de la majorité des spécialités universitaires selon le délai d’attente.

Afin de réaliser ses objectifs, le guide a adopté sa propre méthodologie.  De ce fait, les enquêteurs ont pris soin  d’interviewer 1000 diplômés de l’enseignement supérieur de 2008 à 2018, sur les 24 gouvernorats.  Les enquêteurs ont recouru  au porte-à-porte pour la réalisation de l’enquête. Ainsi, le guide de l’IACE a pu assurer la couverture de 49,30% du nombre des établissements universitaires, 92,30% des universités et 63,24% des spécialités dans tous les établissements.  Le guide révèle que plus de 65% des spécialités possèdent un délai d’attente moyen supérieur à 24 mois.

En détail :
-4,35% des spécialités attendent entre 0 et 6 mois pour la première insertion professionnelle
-6,86% des spécialités universitaires ont un délai d’attente moyen entre 6 et 12 mois.
-23,57% des spécialités universitaires possèdent un délai d’attente moyen  entre 12 et 24 mois
-34,78% des spécialités universitaires possèdent un délai d’attente moyen  entre 24 et 36 mois
-17,58% des spécialités universitaires possèdent un délai d’attente moyen  entre 36 à 48 mois.
-12,59% des spécialités universitaires possèdent un délai d’attente moyen de 48 mois voire plus.

En effet, Tunis Business School et la faculté de Médecine sont les spécialités ayant le délai d’attente le plus court. D’ailleurs, leurs diplômés sont embauchés en moins de quatre mois. Expliquant ce chiffre, l’intervenant a indiqué que cela est dû à la fuite des compétences et le besoin urgent de l’Etat de combler le vide laissé par les médecins et autres compétences ayant émigré.  Par ailleurs, il a indiqué que la spécialité de l’architecture, malgré un long cursus,  enregistre un délai d’attente moyen  de 15,8 mois. Cela est dû, d’après lui, à une pression sur le marché de l’emploi.

Le guide dévoile, entre autres, une certaine disparité dans l’employabilité.  En effet, les trois premiers établissements universitaires dont les diplômés n’attendent pas beaucoup avant de trouver un premier emploi  se trouvent à Tunis et  Sousse, contrairement  aux trois autres sis à Tabarka et  Gabès ( voir le tableau ci-dessous)

Les dix premières spécialités du classement sont :

Les dix dernières spécialités du classement sont :

Le guide de l’IACE affirme l’existence d’une corrélation entre le délai d’attente et la capacité des universités à accueillir les étudiants. Ainsi, l’intervenant a fait remarquer que les spécialités ayant de longs délais d’attentes sont celles qui possèdent les capacités  les plus grandes. En effet, 70% des spécialités ayant des grandes capacités d’accueil  ont des délais d’attentes  élevés . 80% des spécialités dont le score du dernier orienté est élevé ont également des délais d’attente  élevés.

Par ailleurs, les spécialités destinées aux secteurs publics ayant des durées d’attente importantes sont celles qui possèdent les capacités les plus grandes. Majdi Hassen a fait remarquer que malgré la saturation de l’offre du secteur public (1/4 des travailleurs en 2017 sont dans le secteur public), les universités continuent à en produire. Dans ce cadre, il a fait remarquer que plusieurs jeunes ayant pu décrocher un emploi qui ne correspond pas à leur spécialité continuent à rechercher un emploi dans le secteur public.

Sur un autre volet, le guide affirme l’existence d’une corrélation négative entre l’encadrement et le délai d’attente  moyen. En effet, les universités ayant le taux d’encadrement le plus important sont ceux qui bénéficient du taux le plus faible. En effet, plus l’université bénéficie d’encadrement et de présence du corps A, plus le délai moyen d’attente pour une première insertion professionnelle est faible et donc plus le taux de chômage diminuera. L’enquête affirme que 70% des établissements qui ne bénéficient pas de l’encadrement du Corps A  ont des délais d’attente élevés.

Majdi Hassen recommande à ce que l’Etat se charge de réaliser son propre guide d’orientation sur les délais d’attente étant donné qu’il dispose de toutes les statistiques. Il a recommandé également la diminution du nombre des étudiants dans les spécialités ayant un faible taux d’employabilité. Il conclut en souhaitant davantage d’ouverture de l’université sur son environnement économique pour une meilleure employabilité.

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