Tunisie, la démocratie en question ?

Béji Caied Essebsi Démocratie Tunisie

La mobilisation post-révolution et la démocratie libertaire qu’elle a établie spontanément, vivent l’épreuve de la praxis politique et de l’exercice du pouvoir, désormais, dans le cadre des institutions.

Clef de voute, le suffrage universel qui procède au choix de l’équipe gouvernementale, censée mettre en application les programmes annoncés, lors de la campagne électorale.

Or, le dernier sondage d’opinion a confirmé la démarcation entre la classe politique et les citoyens. Il a, en effet, annoncé la défaite éventuelle des acteurs, du système politique, au profit d’éventuels candidats de la classe civile, dont les services caritatives et/ou  la possession de médias, ont assuré leur promotion sur la scène publique.

Un séisme politique risquerait d’être à l’ordre du jour. Les citoyens tunisiens seraient tentés d’exercer un vote sanction, vu la non satisfaction de leurs attentes.

Les amendements électoraux proposés par l’Establishment au parlement, le 13 juin 2019, concernant le processus électoral, ont surpris les observateurs.

Additif au premier projet d’amendement, qui portait essentiellement sur le relèvement du seuil de représentativité électorale de 5 %, l’Establishment demandait des changements, qui écarteraient des scrutins, les dirigeants de médias ou d’associations. D’autre part, on écarterait les formations dont les discours défendraient la dictature.

Ces amendements suscitèrent une vive polémique : on rappela qu’il ne peut être question de présenter des amendements, 40 jours, avant la présentation des candidatures.

D’autres critiques font valoir la concordance entre les promus du sondage et les candidats à l‘exclusion.

On parla de la création tunisienne d’un nouveau processus d’élection censitaire. D’autres critiques affirment que l’Establishment tunisien estimait que les citoyens n’ont pas la maturité requise pour exercer leur libre choix électoral, redéfinissant ainsi la démocratie comme dictature de la majorité.

Signe de maturité, faisant valoir les exigences citoyennes, le projet d’amendement de la loi électorale a été rejeté puisqu’il n’a pas obtenu les 109 voix requises.

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