Toubel en vidéo : la campagne électorale est-elle entamée ?

Nidaa Tounes L'Economiste Maghrébin
Sofiene Toubel

Le président du Comité central de Nidaa Tounes (camp de Hammamet) Sofiène Toubel crie au complot. Une opération qui en dit long sur une campagne électorale qui ne sera peut-être pas qu’un combat d’idées.

Cela fut le buzz du week-end dernier (18 et 19 mai 2019) : une vidéo, qui a fait le tour des réseaux sociaux, montre le député de Nidaa Tounes, Sofiène Toubel, en train de distribuer des billets de banque dans un cabaret. Une pratique du reste bien connue en Tunisie et routinière au cours des fêtes de mariage ou encore de circoncision.

Mais qui ne pouvait que porter préjudice à Toubel le  président du Comité central de Nidaa Tounes (camp de Hammamet). Dans la mesure où elle écorche son image, le présentant, dans ce mois saint, comme un fêtard qui jette son argent par la fenêtre. Alors que le peuple souffre le martyre de la cherté de la vie.

Réaction de l’intéressé, le 20 mai 2019, dans les colonnes de notre confrère Assabah Al Ousboui : c’est un coup monté. Et il s’agit, selon lui, d’un vieil enregistrement, réalisé en Egypte. Et sorti évidemment pour la circonstance.

Des coups tordus

L’opération donne-t-elle de ce point de vue un avant-goût de la campagne électorale qui sera sans merci ? Une campagne où– on ne le répétera pas assez – tous les coups sont permis. Peut-être… Le chef de l’Etat, Mohamed Béji Caïd Essebsi, n’a-t-il pas parlé, le 5 mai 2019, d’une « fièvre électorale ». Maux de tête, douleurs articulaires et fatigue,etc. Nous n’en sommes pas bien loin pour ceux qui subissent les coups tordus.

Quoi qu’il en soit, cela fait bien longtemps que, au sortir de la révolution, et notamment au cours des campagnes électorales, nous assistons à pareil spectacle. Souvenez-vous de l’affaire du film « Persepolis », exploité jusqu’à la lie, à la veille des élections d’octobre 2011. La campagne électorale a du reste peut-être commencé.

La Tunisie ne fait pas mieux, diront quelques-uns, que certaines démocraties. La campagne électorale de la présidentielle américaine de 2016 a été marquée– souvenez-vous- par une série de scandales. Et des révélations sur les deux candidats d’alors, Hilary Clinton et Donald Trump. Des accusations allant de l’ingérence russe dans la campagne, en passant pas les agressions sexuelles du candidat Trump, pour finir par les e-mails d’Hillary Clinton.

La France n’a pas fait mieux, en 2017. Avec les emplois présumés fictifs de la famille du candidat François Fillon ou encore des costumes obtenus à titre bien gracieux par ce dernier.

Mais, revenons en Tunisie pour dire que des opérations de ce type, il y en aura encore. Et ce pour au moins deux raisons : faire mal au concurrent, à l’adversaire– pour ne pas dire l’ennemi- et détourner l’attention de ce qui est essentiel dans une campagne électorale : le combat des idées.

Toubel utilise un excellent matériau

Depuis quelques temps, les campagnes électorales sont devenues des pugilats. Le marketing politique est passé par là. Et les notions d’images et de slogans retentissants ont plus de volume et plus de poids que les programmes.

Cela est de bonne guerre. L’histoire des campagnes électorales montre que les concurrents s’espionnent allègrement. Allant jusqu’à fouiner dans le passé pour donner le coup de grâce. Et Internet, avec ses vidéos, photos et déclarations, constitue un excellent matériau.

Reste qu’un homme politique doit faire attention toujours et constamment à ce qu’il dit, mais aussi fait. Car, il doit avoir à l’esprit que ses concurrents sont toujours à l’épier pour chercher la faute qui fera mal.

En mars 2019, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a été filmé dans une vidéo, largement diffusée sur le net, en train de boire de l’alcool et d’embrasser une femme dans une boîte de nuit. Une scène qui lui a valu des critiques et des commentaires.

Et notamment ceux de l’ancien candidat socialiste français, Benoit Hamon, qui a fait une déclaration qu’il est peut-être utile de rappeler; tant elle va si bien à notre contexte. « Une boîte de nuit parisienne, c’est juridiquement un lieu privé, mais quand on est ministre de l’Intérieur et qu’il y a des téléphones allumés partout, cela devient un lieu public ».

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