Agriculture tunisienne : retour sur les menaces de l’ALECA

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Source : BERD

Soutenu par la Fondation Rosa Luxembourg, « Le guide citoyen pour l’Aleca » a été publié au mois d’avril dernier. Un collectif indépendant l’a rédigé et y a exposé un argumentaire en défaveur de l’Accord de libre-échange complet et approfondi (ALECA).

Cet argumentaire braque la lumière sur les différents aspects de l’ALECA. Et expose les arguments du collectif  qui portent sur l’impact de l’ALECA sur l’agriculture tunisienne.

L’ALECA ne fera qu’accroître la prédominance de l’Europe sur l’agriculture tunisienne à travers l’accès des produits européens aux marchés tunisiens. Cette situation engendrera à terme la disparition de la production locale étant donné son incapacité à concurrencer les produits européens. De plus, l’Aleca ne fera que creuser la dépendance de la Tunisie via-à-vis de l’Union européenne et l’empêchera d’accéder à d’autres marchés.

L’argumentaire  considère que pour négocier le libre-échange, un certain nombre de prérequis sont nécessaires.  Le rapport de force entre la Tunisie et l’Union européenne n’est pas équitable. En effet, le  PIB de  la Tunisie ne représente qu’une petite partie de l’une des zones de l’Union européennes. La Tunisie doit donc avoir un excédent de production destiné à l’exportation, sinon elle restera confinée au rôle de consommateur des produits de l’Union européenne.

Agriculture européenne contre agriculture tunisienne

Une étude de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture affirme que la production moyenne de l’agriculture de l’Union européenne est supérieure sept fois à la production moyenne de la Tunisie. Cette disparité de production trouve son origine dans des raisons historiques et structurelle. De ce fait, il n’est pas possible de la concurrencer uniquement à travers un programme de «  mise à niveau ».

Les agriculteurs européens disposent d’un excédent de production. Cette surproduction contribue à la baisse des prix dans la Zone euro. Ainsi, grâce à l’ALECA, les agriculteurs européens pourraient exporter leurs produits vers la Tunisie. Cela leur permettra  de générer des bénéfices notamment avec le démantèlement des barrières douanières.

En effet, le soutien de l’Union européenne à son agriculture est incomparable avec le soutien de la Tunisie à l’agriculture tunisienne. Chiffres à l’appui, à titre d’exemple, dans le cadre de la politique agricole commune (PAC), l’agriculture européenne dispose d’un grand soutien ( 40% du budget de l’Union européenne).

Quand le soutien fait défaut

Cette politique bénéficie d’un budget de 362,8 milliards d’euros pour la période 2014-2020 dont 78% sont des aides directes pour assurer un minimum de revenus aux agriculteurs européens. L’argumentaire considère que la Tunisie n’est pas capable de fournir le même soutien aux agriculteurs tunisiens étant donné les problèmes économiques.

Pour toutes ces raisons et  bien d’autres, l’argumentaire prévoit des impacts négatifs sur le secteur agricole.  Ainsi plusieurs petits agriculteurs seront exclus et marginalisés. Les petits agriculteurs vont se trouver face à une rude concurrence. Et plusieurs produits agricoles locaux seront menacés de disparition à cause de l’invasion  de l’excédent  des produits agricoles européens sur le marché tunisien.

 

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