COMESA : quelle valeur ajoutée pour le secteur privé ?

comesa - l'économiste maghrébin

L’adhésion de la Tunisie au  Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA) constitue une nouvelle étape vers une meilleure intégration économique africaine. Cependant, pour fructifier et concrétiser cette adhésion, le gouvernement doit agir.

D’ailleurs, les opérateurs économiques tunisiens ont hâte de l’entrée en vigueur de cette adhésion. C’est ce qui ressort du Forum économique sur l’adhésion de la Tunisie au COMESA : Défi et Opportunités pour les entreprises tunisiennes et étrangères en Tunisie. Organisé par la Chambre tuniso-belgo-luxembourgeoise (CCTBL), les différents intervenants ont passé au peigne fin les différentes opportunités qui se présentent à la Tunisie grâce à cette adhésion.

D’ailleurs, il reste encore quelques étapes afin que l’adhésion de la Tunisie au COMESA entre en vigueur et que la Tunisie puisse bénéficier de ses avantages. Il s’agit de :

– La signature d’au moins sept pays membres et le dépôt de l’instrument d’adhésion auprès du secrétariat général du COMESA.
– La fixation et la notification de la liste des produits soumis à la libéralisation progressive et du calendrier des réductions tarifaire.
– La fixation de la liste des produits d’intérêt particulier pour le développement économique : liste limitée de produits qui seront soumis à un taux d’intégration de 25%.

La Tunisie espère réaliser un certain nombre d’objectifs suite à l’adhésion au COMESA, à l’instar de : la réduction tarifaire de 17%, la facilitation de l’implantation et le gain de compétitivité.

Lors de son intervention, Riadh Azaïez, le président de la CCTBL a considéré que l’adhésion de la Tunisie au COMESA est un fait historique. L’adhésion a eu lieu le 18 juillet 2018 et l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) l’a ratifiée le 17 mars 2019. La Chambre milite pour cette adhésion depuis 2005, date à laquelle une première mission économique se composant de 18 entreprise conduites par la Chambre s’est rendue en République de Coté d’Ivoire. Il considère qu’il s’agit d’une nouvelle porte qui s’ouvre pour l’économie tunisienne : 20 pays, un marché de 500 millions d’habitants. « La Tunisie est qualifiée pour devenir un véritable hub, une véritable plateforme d’échange nord sud », lance-t-il.

De son coté, Naceur Hidoussi, président du Conseil des chambres mixtes de Tunisie a affirmé, lors de son intervention l’importance, de la concrétisation de cet accord.

Puis, le ministre du Commerce, Omar El Behi, a affirmé lors de son intervention que la Tunisie s’est confrontée à plusieurs difficultés avant de ratifier l’accord en question. Par ailleurs, la Tunisie peut profiter de son adhésion à « cette force économique ». Elle peut même renforcer ses exportations. Dans la même perspective, il a affirmé que la Tunisie dispose de quatre nouveaux représentants du CEPEX au Congo, Kenya, Cote d’Ivoire et Nigeria. Pour lui, l’étape suivante et de travailler sur le rôle du secteur privé. Pour ce qui est des barrières tarifaires, il existe 0% de tarif douanier ou des tarifs accessibles dans cette zone.

Quelle valeur ajoutée pour la COMESA ?

Chaouki Jaballi, directeur de la Coopération au ministère du Commerce, a affirmé que plusieurs raisons ont incité la Tunisie à rejoindre le COMESA. A cet égard, il cite maintes arguments : l’absence de cadre juridique préférentiel régissant les relations commerciales tuniso-africaine; la faible présence tunisienne dans cette zone; la performance économique prometteuse des pays de la région; le faible volume des exportations tunisiennes vers les pays africains; et la volonté croissante du secteur privé de s’orienter vers le marché africain.

Les chiffres présentent cette zone comme prometteuse et propice à l’investissement. Trois indicateurs affirment ce constat : – le taux global d’investissement en pourcentage du PIB est environ 26%; – le développement des IDE de 21% en 2015; – le volume des exportations dans les pays du COMESA a atteint huit milliards de dollars.

D’ailleurs, 48% des exportations intra-comesa sont des produits. Et les trois pays qui ont enregistré une balance commerciale positive dans cette régions sont : l’Egypte (1 milliard de dollars), le Kenya (800 millions de dollars) et l’Ouganda (200 millions de dollars).

Cependant l’adhésion au COMESA rime avec l’engagement financier de la Tunisie. Le pays doit fournir 2,2 millions de dollars au budget du COMESA au titre de l’année 2019, soit 11% de son budget. Ainsi, la Tunisie devient le troisième contributeur au budget du COMESA.

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here