Victor Hugo avait-il prédit l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris dans son livre?

Lundi,  un incendie foudroyant a ravagé la cathédrale Notre-Dame de Paris. Avec émotion, les Parisiens réalisent l’importance que revêt Notre-Dame dans leurs cœurs. N’est-elle pas la grande Dame de Paris ? Ce joyau, qui a traversé les siècles, ils ne le savaient pas aussi fragile! La désolation était dans tous les cœurs.

De tout temps, Notre-Dame de Paris a été et est encore source d’inspiration des plus grands écrivains. D’ailleurs, Victor Hugo l’avait rendue célèbre grâce à son chef-d’oeuvre “Notre Dame de Paris” publié en 1831.

L’intrigue du roman se situe en 1482, au moment du règne de Louis XI.Cependant, un passage du livre semble relater exactement l’incendie de ce lundi.

Notre-Dame de Paris, un roman prophétique?

D’habitude, lorsqu’on évoque la cathédrale parisienne c’est pour évoquer le chef d’oeuvre de Victor Hugo. Qui n’a pas lu enfant ce roman et n’a pas été transporté par ce livre?

notre-dame-victor-hugo-incendieDepuis l’incendie, certains extraits du livre sont abondamment relayés sur les réseaux sociaux car ils ont un aspect prémonitoire. En effet, si Victor Hugo avait fait de la cathédrale l’héroïne de son livre pour attirer l’attention du lecteur sur ce chef-d’oeuvre qu’il aimait tant, il l’a fait pourtant sombrer dans l’enfer des flammes face au peuple impuissant. Ces lignes nous font penser à la scène qui s’est déroulée ce lundi soir, avec la chute de la flèche de l’église, le toit ressemblant plutôt à un enfer effrayant .

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Crédits : Paolo Barbieri

Pendant plusieurs heures, les pompiers se sont battus héroïquement contre les flammes qui enveloppaient l’église.  Triste ironie de l’histoire, l’église qui a traversé les siècles et les guerres a risqué d’être détruite par un incendie causé par les travaux pour sa restauration.

Lundi, le désarroi des témoins se lisait sur leurs visages. Qui ne serait pas  secoué par cette scène effroyable et surréaliste ?

 Tous les yeux s’étaient levés vers le haut de l’église. Ce qu’ils voyaient était extraordinaire. Sur le sommet de la galerie la plus élevée, plus haut que la rosace centrale, il y avait une grande flamme qui montait entre les deux clochers avec des tourbillons d’étincelles, une grande flamme désordonnée et furieuse dont le vent emportait par moments un lambeau dans la fumée. Au-dessous de cette flamme, au-dessous de la sombre balustrade à trèfles de braise, deux gouttières en gueules de monstres vomissaient sans relâche cette pluie ardente qui détachait son ruissellement argenté sur les ténèbres de la façade inférieure. »

« À mesure qu’ils approchaient du sol, les deux jets de plomb liquide s’élargissaient en gerbes, comme l’eau qui jaillit des mille trous de l’arrosoir. Au-dessus de la flamme, les énormes tours, de chacune desquelles on voyait deux faces crues et tranchées, l’une toute noire, l’autre toute rouge, semblaient plus grandes encore de toute l’immensité de l’ombre qu’elles projetaient jusque dans le ciel. »

Enfin, le livre de Victor Hugo sauva Notre-Dame de Paris et attira l’attention générale sur l’état « inadmissible » du monument. Dans le chapitre intitulé « Notre-Dame », Hugo se plaignait du sort qui lui était réservée:  « Si belle qu’elle se soit conservée en vieillissant, il est difficile de ne pas soupirer, de ne pas s’indigner devant des dégradations, des mutilations sans nombre que simultanément le temps et les hommes ont fait subir au vénérable monument, sans respect pour Charlemagne qui avait posé la première pierre, pour Philippe-Auguste qui en avait posé la dernière. »

L’écrivain prophétisait  même :« L’église elle-même s’effacera bientôt peut-être de la terre ».

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