Maroua Ben Ali, Femme entrepreneure de l’année 2019

Tant attendus, les résultats de la quatrième édition du concours  » Trophées des femmes entrepreneures de Tunisie » sont tombés.  La cérémonie de la remise des prix a eu lieu dans la soirée du 3 avril aux Berges du Lac. Retour sur les portraits des lauréates. 

Que dire de ces femmes exceptionnelles qui ont bataillé pour la concrétisation de leur projet. Leur parcour témoignent de maintes vérités : abnégation, sacrifice, effort acharné et persévérance. A cela s’ajoutent l’originalité et la valeur ajoutée de leur projet. Ces projets portés à bout de bras, par une volonté inflexible.

Elle sont issues de plusieurs gouvernorats de Tunisie. Faut-il encore rappeler que l’acte d’entreprendre  brise les barrières des difficultés géographiques, même dans les régions les plus défavorisées. Ayant comme seule arme un savoir-faire dérivé de leurs diplômes universitaires, ces femmes ont fini par triompher.

Femme entrepreneure 2019 : Maroua Ben Ali, fondatrice de Herbéos  ( Prix QNB)

Maroua Ben Ali a fondé son entreprise Herbéos, spécialisée dans le domaine de la cosmétique naturelle à base de plantes médicinales tunisiennes suite à un parcours de combattant.  Diplômée de l’Ecole d’ingénieur de Sfax, elle a commencé à s’intéresser à ce domaine très tôt. Dans son PFE, elle ne manque pas d’apporter une innovation, à savoir la formulation d’un chewing-gum reminéralisant de l’émail dentaire à base de minéraux. La femme entrepreneure 2019 ne manque pas d’exceller.

Ce produit lui vaut  le premier prix de l’ENIS, et le 5ème prix d’innovation en Egypte lors de l’«Egyptian Engineering Day». Après une longue étude de marché et plusieurs documentations sur le secteur, l’entrepreneure décide de lancer son propre projet.  Mais dure est le chemin de l’entrepreneuriat. La lauréate a subi plusieurs coups durs dont la disparition des êtres les plus chers tel son père. De plus, une maladie handicapante a failli anéantir ses projets ambitieux. qui n’ont pas eu l’anéantir. Pis encore, à un certain moment, elle a été obligée de vendre tous ses biens pour continuer l’aventure. 2017 et 2018 étaient les années de la réussite. En effet, les produits de l’entreprise commencent à se vendre sur 7 sites de vente en ligne et 20 parapharmacies. Elle a pu décrocher un contrat d’exportation avec un Spa sis à Genève.

Lauréate du secteur Services et Tic : Lobna Saïdi ( prix de la Banque de l’Habitat)

Grâce à son projet Shanti, Lobna Saïdi se positionne en tant qu’acteur réel dans le secteur de l’économie sociale et solidaire avec son entreprise spécialisée dans le domaine de la formation et les programmes de renforcement des capacités.

Ainsi le projet Shanti  est à cheval ente les bailleurs de fonds développant des programmes destinés à ce type de public et qui n’ont pas forcément accès aux acteurs de terrain et de l’autre côté, des acteurs très ancrés dans le territoire répondant aux vrais besoins de la population mais n’ayant pas accès aux réseaux des bailleurs de fonds.

Les projets de l’association  n’ont pas manqué de changer le vécu de plusieurs femmes. A titre d’exemple, le projet El mensej a pu donner la possibilité à des femmes travaillant chez elles, sans dégager de forte valeur ajoutée, de pouvoir bénéficier aujourd’hui de patente. Elles réalisent une production personnalisée qu’elles commercialisent via les réseaux sociaux. Aussi, elles emploient des personnes en collaboration avec le bureau de l’emploi. L’entrepreneure place la barre très haut. En effet, l’objectif est de dénicher d’importants clients comme des boutiques à l’étranger, des hôtels ou encore des maisons d‘hôtes. Dans le cadre du travail de sa société, Lobna a pu appuyer les collecteurs de plastique de la Cité Ettadhamen en collaboration avec l’ONG International Alert. Le projet consiste en la création d’une unité de collecte et de transformation.

 

Lauréate du secteur artisanal :  Imen Sayar promotrice de tendance céramique ( prix CDC)

Dur est le chemin de l’entrepreneuriat surtout s’il s’agit d’une femme issue du Sud tunisien plus précisément la ville de Ben Guerdane. Ville où aucun signe de développement régional n’existe. Cette femme ambitieuse et talentueuse à la fois a décidé de prendre son destin en main et ne pas tomber dans les solutions de facilité.

Diplômée de  l’Institut Supérieur des Arts et Métiers de Kairouan, en 2012, elle a accumulé  trois ans d’expérience dans plusieurs villes tunisiennes à Kairouan, Sousse, Nabeul, Akouda et Jerba, entre autres. Après avoir bénéficié d’un crédit de la BTS, elle lance son projet.  La réussite ne manque pas de frapper à sa porte. Lors d’une foire organisée par la BTS, elle parvient à écouler toute sa marchandise pourtant plus de 200 exposantes y participaient. Plus tard, elle parvient à écouler ses articles à Sfax et en France. Les affaires prospèrent : Imen Sayar a acquis un lot de terrain de 1000 m2 dans la zone industrielle de Ben Guerdane afin d’y installer l’atelier dont elle a toujours rêvé. Elle a même pu ouvrir un atelier à Nabeul pour se rapprocher de sa clientèle.

Lauréate du secteur agribusiness : Emna Ben Mustapha cofondatrice d’AquaSpir

A travers son projet, Emna Ben Mustapha,  promotrice d’AquaSpir, a réussi à valoriser  la spiruline. Grâce à cette micro-algue, elle réalise tout un travail sur le bien-être. D’ailleurs, son profil lui prédestinait à ce projet. Titulaire d’un master en biologie des écosystèmes aquatiques à la Faculté des sciences de Tunis. Elle lance, en 2015, avec son mari, également son camarade de promo, un projet innovateur afin de tirer profit de la spiruline. A travers son projet, elle ambitionne de rendre ce produit accessible à tous les Tunisiens.

Lauréate Jeunes pousses : Intissar Mnasri, fondatrice de Bio Théla (prix SNDP)

Intissar Mnasri a pu tirer profit de la figue de Barbarie, ce fruit connu dans sa région de Thala. A cause des obstacles administratifs, il lui a fallu trois ans pour lancer son projet. Elle entreprend dès 2014 un plan d’affaires pour l’extraction des huiles de figue de Barbarie très prisées dans l’élaboration de crèmes et de beurres. Dans les deux premiers mois de 2019, Intissar a réussi à réaliser tout le chiffe affaires de l’année dernière et est partie à l’assaut de l’étranger. Elle a décroché des marchés, notamment en Allemagne et en France.

 

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