Franchise en habillement : quelle valeur ajoutée pour un secteur pointé du doigt ?

franchise en habillement - l'économiste maghrébin

La Chambre syndicale nationale des chaînes de magasins d’habillement relevant de la Fédération nationale du textile a tenu une conférence de presse. Il s’agit d’un véritable plaidoyer en faveur de la franchise et « sa valeur ajoutée à l’économie tunisienne ». Et ce, même si elle n’a pas bonne presse auprès de l’opinion publique. 

Fuite de devises, exploitation, absence de transfert de technologiques et autres accusations. Les contre-arguments de ce réquisitoire ont été présentés par la chambre syndicale. Elle estime au contraire que la franchise du prêt-à-porter n’est pas responsable du déficit de la balance commerciale. Et qu’elle ne porte en aucun cas préjudice à l’industrie du textile. C’est encore moins un fléau pour l’économie dans son ensemble, comme certains l’accusent.

Jean-François Limantour, spécialiste en stratégie de développement, notamment pour le textile-habillement et le luxe, avance plusieurs arguments. Pour lui, la franchise est l’un des fleurons de l’économie tunisienne. Il balaie d’un revers de la main les arguments défavorables à la franchise. En premier lieu, il affirme que la franchise du prêt-à-porter ne porte en aucun cas préjudice à l’industrie du textile.

Se basant sur des chiffres officiels, il indique que le déficit de la balance commerciale en 2018 atteint 19 milliards de dinars :

  • déficit énergétique (-6,179 milliards de dinars);
  • matières premières et produits semi-finis (-7,623 milliards de dinars);
  • biens d’équipement (-4,236 milliards de dinars);
  • produits alimentaires (-500 millions de dinars);
  • produits de consommation (-501 millions de dinars).

A contrario, l’intervenant indique que la franchise en habillement contribue aux équilibres socio-économiques, vu qu’elle réalise un chiffre d’affaires de 400 millions de dinars par an et emploie plus de 2000 personnes.

Ce secteur présente également une opportunité pour le transfert technologique. Le secteur contribue à hauteur de 120 millions de dinars par an au budget de l’Etat. 60 grandes marques existent en Tunisie. Il s’agit aussi d’un secteur dont les importations ne dépassent guère 2,5% de la totalité des importations (130 millions de dinars). Par contre, les exportations tunisiennes en prêt-à-porter ont atteint 5,4 millions de dinars pendant les dernières années. L’intervenant confirme que la stratégie de la franchise habillement est incontestablement une stratégie gagnante.

Ainsi, elle s’articule autour de cinq axes :

  • l’obtention des conditions d’activité et de concurrence équitables et loyales;
  • la promotion d’une image valorisante du secteur de la franchise en habillement;
  • le renforcement de la compétitivité des entreprises;
  • l’élargissement du périmètre d’activité de la franchise;
  • l’anticipation de la révolution digitale.

Cette stratégie se fera en travaillant sur l’environnement économique, à savoir la fiscalité, la douane et la facilité des affaires. Elle se fait aussi à travers la promotion du e-commerce, du tourisme et de la compétitivité concernant le recrutement, la veille économique et l’industrie 4.0. Il a affirmé qu’il ne faut pas envoyer de signaux négatifs aux entreprises étrangères étant donné qu’elles pourraient viser les pays asiatiques où les coût sont moins élevés qu’en Tunisie.

Par ailleurs, Mehdi Abdelmoula, président de la Chambre nationale des chaines de magasins, déclare qu’il faut promouvoir le tourisme de shopping en Tunisie. A cet égard, il reconnait l’échec des plusieurs réunions, portant sur ce sujet avec les représentants de plusieurs ministères. En effet, il estime qu’il faut offrir au client le choix entre le produit tunisien et le produit étranger.

Enfin, interpellé sur sa possible contribution à la campagne « Consommez tunisien », il n’exclut de mettre en avant les produit étrangers fabriqués en Tunisie.

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