« Le parti Tahya Tounes pose un problème éthique et de communication »

tahya tounes - l'économiste maghrébin

Tahya Tounes (Vive la Tunisie !) tel est la dénomination du nouveau parti politique du Chef du gouvernement Youssef Chahed. Cette appellation n’a pas manqué d’attiser l’indignation des uns et les interrogations des autres. Dans une déclaration à leconomistemaghrebin.com, Lotfi Saïbi, expert en communication politique et directeur de 4DLeadership, affirme que le choix de cette appellation traduit une faiblesse au niveau communicationnel et au niveau éthique.

Pour Lotfi Saïbi, le choix de cette expression comme appellation pour un parti politique  pose un problème éthique et un problème au niveau de la communication. Tahya Tounes est une expression utilisée par tous les Tunisiens et ce n’est pas éthique de se l’attribuer.  Lotfi Saïbi avance que s’accaparer l’expression pour un parti, c’est comme dire « celui qui n’appartient pas à mon parti n’est pas Tunisien ».  Ainsi, notre interlocuteur estime que ce choix est mal pensé.

De plus, le choix de ce nom prouve l’absence de créativité chez les décideurs. Il étaye ses propos :«  Quand on crée le label d’un produit, il faut que le label traduise l’esprit du produit et la vision du créateur », explique-t-il. Il poursuit : « En dernière analyse, Tahya Tounes est un slogan patriotique certes mais il ne donne pas une distinction particulière au nouveau parti », affirme-t-il.

Le parti politique aura aussi un problème digital au niveau du référencement. Avec cette appellation, il sera très difficile d’assurer la visibilité du parti sur les réseaux sociaux. En effet, les facebookeurs écrivent à la fin de leur post Tahya Tounes, et généralement ce sont des posts violents, ce qui va créer un problème pour le parti », ajoute-t-il.

Le niveau de la scène politique actuelle donne une idée sur le type de leadership qu’on pourra voir dans les prochaines cinq années.

Commentant le choix de lancer un parti politique à partir de Monastir, il a indiqué qu’il s’agit du mimétisme de BCE qui invoque l’héritage de Bourguiba. « Alors que les problèmes de l’époque de Bourguiba ne sont pas les mêmes maintenant. Si Bourguiba était encore au pouvoir, il se serait dirigé vers une région de l’intérieur pour lancer un projet politique », dit-il.

Lotfi Saïbi a conclu que la Tunisie a besoin d’un leader courageux qui fasse les choses différemment, « alors qu’aucun politique n’a fait les choses différemment, car il préfère rester dans sa zone de confort ».

 

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