On les flatte et on leur dit qu’ils sont les meilleurs d’entre-nous

retraités en Tunisie - l'économiste maghrebin

Mendiants ou presque, mais orgueilleux. Le trait est bien sur forcé, mais à dessein parce que reflétant une certaine réalité. Et elle est peu flatteuse pour le gouvernement voire honteuse, et amère pour ceux dont tout le monde parle : les retraités. Ravalés au rang de faire-valoir que tous les politicards qui peuplent la scène politique se disputent…

Sexagénaire, septuagénaire, octogénaire voire nonagénaire, cherchent dignité désespérément, mais ne trouvent pas. Le seul nonagénaire à avoir réussi se trouve au sommet de l’Etat. D’autres ont aussi réussi, ceux qui ont eu à exercer des charges gouvernementales avec retraite substantielle à la clef.

Alors quand tous les oubliés du pays entendent dire que Rached Ghannouchi va candidater à la prochaine présidentielle, ils réagissent presque résignés. Quand le chef du gouvernement annonce dans un indescriptible brouhaha une voiture populaire pour tous et pour presque rien, ils se disent, mais de quoi il parle ?

Jamais, les séniors débutants ou chevronnés n’ont été autant mis à l’honneur; jamais, on ne les a autant bernés, comme si le sauvetage de la CNRPS et de la CNSS jadis fleurons, et aujourd’hui sinistrées, ne tenait qu’à eux. On n’arrête pas de leur dire qu’ils sont des bâtisseurs, qu’ils sont la mémoire vivante de la nation, qu’ils méritent tout le respect, tous les égards, cela n’empêche pas le sentiment d’humiliation. Alors, les bâtisseurs en passe d’être battus à plate-couture ?

Ailleurs comme en France, le débat continue à faire rage même si on ne peut en aucun cas comparer l’incomparable; avec un SMIG à moins de cent euros, il n’y a vraiment pas photo !

Les retraités diplomates n’ont pas la cote

Si aucun corps de métier n’échappe à la récession, chez le corps diplomatique supposé être la vitrine du pays qui doit ramener l’argent à la maison comme on dit, c’est encore plus affligeant, et cela vaut pour toutes les catégories parties à la retraite, notamment pour les anciens ambassadeurs. Le président de la République sait-il que ceux qui représentent le pays à l’étranger au plus haut niveau, perçoivent une fois leur carrière terminée, une pension de prés de quatre cents euros qui fait plus figure d’aumône qu’autre chose. Lui , l’ancien ambassadeur et ancien diplomate en chef ?

Derrière l’apparat, le prestige trompeur, et les « excellence » à gogo, la dure réalité qui fait tomber à la renverse. Je rappellerais que ce n’est pas la première fois, que je soulève cette question; visiblement, c’est la dernière chose à laquelle on pense coté gouvernement. Encore une fois, que fait donc le ministre des Affaires étrangères Khémaies Jhinaoui ? Et que fait l’Association des anciens ambassadeurs et consuls généraux ? Il est clair que celle-ci est davantage préoccupée par l’organisation de conférences thématiques auxquelles assistent des gens instruits et bien sous tous rapports, que par le statut détérioré de la fonction.

Hier, les juges, aujourd’hui, on annonce des augmentations salariales spécifiques pour les médecins et les ingénieurs, en plus de la hausse générale des salaires prévue dans la fonction publique. Que faut-il de plus pour que coté corps, on réagisse, et avec force ?

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