Dialogue social en Tunisie : des manquements qui persistent

dialogue social - L'Economiste Maghrebin

L’ONG Solidar Tunisie envisage de publier une étude intitulée « Dialogue social en Tunisie : défis et perspectives », au mois de janvier 2019. L’ancien ministre de l’Emploi et de la formation professionnelle Hafedh Laamouri a pris soin de présenter les grandes ligne de l’étude, lors d’un séminaire organisé conjointement par l’ONG Solidar et Friedrich-Ebert Stiftung (bureau de Tunis) aujourd’hui 11 décembre 2018, à Tunis.

Dans le cadre du séminaire intitulé « Quel avenir pour le dialogue social en Tunisie ? », l’ancien ministre a pris soin de présenter les grandes lignes de l’étude. En effet, Hafedh Laamouri a indiqué que les attributions larges du Conseil national du dialogue social pourraient couper avec la centralisation excessive du système de dialogue social jusque là intimement lié uniquement aux aspects salariaux.

Par ailleurs, l’expert a considéré que par le biais de la loi, le conseil a mis fin à l’intervention énergique de l’État garant traditionnel des arbitrage cruciaux. Il peut selon ses larges missions assumer la régulation sociale dans l’objectif de neutralisation du vieil antagonisme « capital-travail ».

Cependant, l’intervenant a considéré que le conseil n’a pas beaucoup de prérogatives concernant la problématique du chômage et de l’insertion des diplômés sur le marché de l’emploi. Sur ce plan, le Conseil national du dialogue social dispose d’une seule attribution sur ce volet et qui reste très vague affirme-t-il.

Par ailleurs, Hafedh Laamouri est revenu sur le contrat social signé entre le gouvernement, l’UTICA et l’UGTT. En effet, l’auteur de l’étude a indiqué que l’UTAP ne fait pas partie des signataires du contrat social en 2013. Pour lui, il aurait du se trouver parmi les signataires. A cet égard, il a rappelé le poids important des agriculteurs en Tunisie.

Quand dialogue social ne rime pas toujours avec représentativité

Alors que la loi tunisienne ne définit pas les critères de représentativité, l’UGTT et l’UTICA se sont déclarées les organisations les plus représentatives. La signature par le Chef du gouvernement à l’époque sur le contrat social est une forme de reconnaissance de cette représentativité. Et ce, malgré l’absence de cadre juridique définissant les critères de représentativité. Malgré tous ces efforts, le contrat social n’a pas pu concilier la pérennité et la compétitivité des entreprises avec la protection des droits des travailleurs.

Sur un autre volet, l’intervenant est revenu sur le dialogue social avant 2011. Il a regretté la dissolution du Conseil économique et social qui était au moment de sa création en 1961 le premier dans son genre en Afrique et dans le monde arabe. D’après lui, il a été dissout dans le cadre de l’effervescence révolutionnaire en 2011. Par ailleurs, il a indiqué que ce Conseil a assuré son rôle et était représentatif.

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