Tunisie post-révolution : où va-t-on ?

post-révolution tunisienne

Le système politique post-révolution se définit par sa négation du régime autoritaire, son intégration des valeurs démocratiques et sa vision collective du bien être.

Mais l’arrivée d’acteurs de différentes mouvances a remis à l’ordre du jour une vision différentielle de la lecture du passé commun, de l’identité et des relations internationales, en conséquence.

La post-révolution de l’été 2013 a remis en cause les dérives de la Troïka et tenté de restaurer le sens commun.  Mais “les zones d’incertitude ” conditionnent la vision collective.

Ils instituent une démarcation symbolique que l’alliance Nidaa/Ennahdha ne saurait altérer, tout en mettant à l’ordre du jour de graves dérives.

La guerre idéologique est relancée : la mouvance islam politique a organisé samedi 11 août une manifestation devant le parlement, soutenue par des ténors du mouvement Ennahdha.

Post-révolution : des incertitudes…

Souhaiteraient-ils rétablir l’inquisition de la conjoncture gouvernementale de la troïka? Riposte des bourguibistes et les différentes composantes du mouvement moderniste ont organisé une grande manifestation, le 13 août.

Ont-ils pris en compte de la gravité des fractures, des blessures, des déséquilibres et des incertitudes que la Tunisie subit quotidiennement?

Pour reprendre le mot forgé par Pessoa, nous dirons que la Tunisie vivait l’épreuve de “l’intranquilité”. Puisqu’on se proposait de détourner le pays de son passé bourguibien, renonçant à sa primauté au sein du monde arabe?

Ce réveil de l’opinion atteste illégitimité sociale et culturelle d’une velléité de retour à un passé mythique, souhaitant réactualiser le califat d’antan et l’esprit du Djihad. Mais le traitement de la crise économique et sociale ne semble pas bénéficier d’une priorité. L’occultation des attentes : “Le silence est toujours un message.”

Comment expliquer, dans ces conditions, le positionnement tunisien, en face d’un gouvernement occultant leurs attentes et se livrant à une guerre de sièges?

Pessimisme qui gagne du terrain, rejet de la classe politique dont la polémique et la discorde qu’elle entretient, ne répondent guère aux problèmes du quotidien et au “panier de la ménagère”.

Indifférents à la chute du dinar, qui aliène le pouvoir d’achat, des acteurs politiques tunisiens s’inquiètent de l’effondrement de la lire turque. Quel exemple éloquent de la dépendance idéologique!

Une configuration nouvelle devrait être mise à l’ordre du jour, pour traiter la crise économique, appréhender le chômage et la précarité.

Les Tunisiens attendent sans espoir, les péripéties des ballades de leur “bateau ivre”!

Une minorité songe aux compétences tunisiennes, marginalisées par l’Establishment post-révolution. L’actualité cauchemardesque remet en cause ses rêves et occulte le destin des nouvelles générations.

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Professeur émérite d’histoire contemporaine, Université de Tunis 1, doctorat d'Etat es-Lettres, Paris-Sorbonne IV (1981). ), Docteur Honoris causa de l'Université de Montpellier -Paul Valéry (France, 1996). Prix National des Lettres et Sciences Humaines (Tunisie, 1997), ancien président de l’Association des Etudes Internationales.

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