Slim Khalbous – Grévistes : après le dialogue place aux sanctions

slim khalbous - l'économiste maghrébin
portrait de Slim Khalbous

Les tractations continuent entre Slim Khalbous, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique et l’Union des enseignants universitaires et chercheurs tunisiens (IJABA). Toutefois, le ministre a décidé  d’«appliquer la loi suite à l’échec de plusieurs tentatives de conciliation».

Slim Khalbous a annoncé que le ministère appliquera la loi contre la grève administrative menée par le syndicat  (IJABA). Cette grève dure déjà depuis le mois de janvier. Pour rappel, les enseignants universitaires refusent de faire passer les examens depuis le mois de janvier, ce qui a perturbé le déroulement des cours et des examens.

Lors d’une conférence de presse, tenue hier 4 juin, le ministre a annoncé un certain nombre de mesures: tout enseignant universitaire qui ne fait pas passer les épreuves des examens avant la date du 7 juin verra son salaire suspendu. Cependant, il a affirmé qu’il ne préfère pas que la crise atteigne ce stade-là. Il s’agit d’un message à tous les enseignants universitaires et non pas uniquement à l’attention des affiliés au syndicat IJABA, explique-t-il.

Le ministre a également affirmé que si les enseignants grévistes campent sur leur position, des commissions pédagogiques se chargeront des examens, pour les étudiants qui ne les ont pas passés, suite à la grève.

Il n’y aura pas d’année blanche à l’université tunisienne, cela ne s’est jamais produit dans son histoire, lance le ministre.

Et de préciser que les étudiants ne passeront pas des examens sur des sujets qu’il n’ont pas étudié. Par ailleurs, il a affirmé que le ministère s’engage à poursuivre le dialogue avec les deux syndicats que sont IJABA et la Fédération générale de l’Enseignement supérieur relevant de l’UGTT.

Slim Khalbous a rappelé que la crise qui secoue l’université tunisienne se tient dans un contexte particulier de crise, à la fois, sociale et économique, un processus de réformes majeures et un contexte de mutation de l’université tunisienne qui traverse une période marquée par des réformes globales qui vont bon train.

Par ailleurs, le ministre est revenu sur l’origine de la crise qui dure depuis le mois de janvier. Le ministre a affirmé que le ministère négocie les problèmes sociaux et matériels avec le syndicat le plus représentatif à l’université, à savoir la Fédération générale de l’Enseignement supérieur. Cependant, le ministère a accepté bel et bien de négocier avec le syndicat IJABA, explique le ministre.

Slim Khalbous expose les acquis  des enseignants universitaires

À  cet égard, Slim Khalbous a affirmé que le nombre des affiliés à la Fédération générale de l’Enseignement supérieur est de l’ordre de 6791 et ceux du syndicat de IJABA de l’ordre de 1675.  Le ministre a déclaré que le taux des établissements universitaires touchés par les perturbations représente 15%, alors que le pourcentage des enseignants universitaires grévistes est de l’ordre de 6%. Le ministre a affirmé que le budget de la recherche scientifique a enregistré une hausse de 30% pendant l’année universitaire 2017/2018 et que le budget du ministère a été revu à la hausse de 9%.

Le ministère a proposé, en date du 23 mai, l’implication d’IJABA dans la réforme du régime universitaire y compris sur le statut de l’enseignant universitaire qui doit être prête avant la fin de 2018 et s’est engagé à revoir à la hausse le budget de la recherche scientifique, ainsi que de consacrer une partie du budget au nouveau rééchelonnement des salaires.

Le ministre a indiqué qu’en date du 12 mars, un accord entre le ministère et la Fédération générale de l’Enseignement supérieur relevant de l’UGTT a été signé pour mettre en œuvre plusieurs réformes universitaires et qui prend en considération les aspects sociaux et matériels des enseignants du supérieur. Il s’agit de plusieurs acquis:

  • Une nouvelle prime à la production scientifique: une enveloppe annuelle de dix millions de dinars sera consacrée à l’octroi de primes individuelles aux enseignants chercheurs relatives à la production scientifique, à la coordination des thèses qui sera attribuée aux présidents des commissions de thèses;
  • Discriminations positive au profit des universités des régions intérieures à travers un bonus à la prime de production scientifique;
  • Assouplissement des conditions de créations de renouvellement des structures de recherches;
  • Promotion de l’évolution de carrière des jeunes chercheurs qui consiste à l’incitation des enseignants et des technologues à la recherche doctorale, par l’octroi d’un congé d’étude conditionné par une troisième inscription en thèse et la publication d’un article scientifique;
  • Et à cela s’ajoute des primes scientifiques.

Slim Khalbous a considéré que les revendications d’IJABA sont excessives. D’après le ministre, le syndicat a revendiqué des augmentations salariales qui s’élèvent à un total de 500 millions de dinars, « ce qui n’est pas possible dans la conjoncture actuelle du pays ». Par ailleurs le ministre a avancé que les service du ministère dispose de vidéos montrant des enseignants universitaires affiliées à IJABA en train de menacer les étudiants qui revendiquent le passages des examens.

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