Dépréciation ou reapropriation de la valeur travail ?

dépréciation

 Björn Rother, chef de mission du Fonds Monétaire International (FMI) en Tunisie, a recommandé de  dévaluer le dinar tunisien, dans une déclaration accordée au journal économique Bloomberg. Pour lui, pareille décision est capable de booster les exportations  et il s’agit d’une décision nécessaire, avait-il indiqué dans une déclaration datant du 4 avril 2018.

Une question légitime se pose : cette solution recommandée par le chef de mission du FMI en Tunisie est-elle incontournable ? Existe-t-il d’autres issues pour l’économie tunisienne ?   Il suffit de consulter le site  de la Banque centrale de Tunisie pour voir que le dinar tunisien a subi une dépréciation. A l’heure où nous écrivons ces lignes,  1 euro vaut 2,9930 dinars, et un  dollar  américain 2,4293 dinars tunisiens.  De plus, tous les indicateurs économiques sont déjà dans le rouge : le taux d’inflation s’est aggravé à fin mars 2018 pour se situer à 7,6%. Le déficit commercial  tourne autour de 3,65 milliards de dinars à fin mars 2018 et le taux d’endettement dépasse les 60% du PIB.  Cette recommandation n’est autre qu’une solution de facilité, occultant les véritables réformes qui doivent être mises en place. Pis encore,  procéder à la dépréciation du dinar revient à appauvrir les Tunisiens davantage et  on n’est même pas sûr que cela va  donner des effets positifs pour l’économie tunisienne.

Les solutions ne manquent pas. En premier lieu, il faut booster l’exportation qui est l’un des moteurs principaux de la croissance en Tunisie. Faut-t-il encore rappeler que les exportations tunisiennes ne se portent pas bien actuellement d’après les derniers chiffres de l’Institut national de la Statistique (INS). L’amélioration de l’exportation pourra générer assez de devise  pour les caisses de l’Etat. L’amélioration des exportations passe systématiquement par l’élimination des entraves douanières, la facilitation des problèmes administratifs et une meilleure diplomatie économique permettant de mieux connaître les produits tunisiens à l’étranger et capable de cibler de nouveaux marchés.

Le perfectionnement des produits tunisiens est encore une autre piste incontournable qui permet de relancer l’économie tunisienne.  Il est clair qu’avec des produits compétitifs respectant les normes internationales  et nationales, cela pourrait booster les exportations.  Cependant le perfectionnement des produits tunisiens passe par une autre étape primordiale, à savoir l’amélioration de la production et de la productivité des fonctionnaires et des employés tunisiens. La production et la productivité sont en berne depuis 2011, la valeur travail doit être réhabilitée dans le secteur public et privé. Sans parler de l’absentéisme  qui atteindrait 60%.
[raside number=”3″ tag=”dépréciation “]

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here