UE : deux millions d’euros pour cinq nouveaux projets

Le principe d’égalité reste théorique malgré les efforts des organisations de la société civile pour garantir les droits et libertés individuels à tous les citoyens et ce qui a été stipulé dans la nouvelle Constitution de 2014. Que faut-il faire pour lutter contre toutes les formes de discrimination et tout particulièrement les discriminations raciales? Ce sont autant de défis à relever. Aujourd’hui, l’Union européenne a annoncé le lancement de cinq nouveaux projets, pour un montant total de deux millions d’euros, de soutien aux droits de l’Homme et à la démocratie en Tunisie. Les projets couvrent la totalité du territoire tunisien et visent les objectifs suivants :

  • La promotion d’une culture démocratique de dialogue et de consultation entre les différents acteurs au niveau national et local, en particulier à travers le suivi, l’observation et la promotion d’un processus électoral fiable et transparent.
  • La défense et la promotion des droits de l’enfant, en particulier à travers la protection et la prévention contre la maltraitance, la violence et le travail d’enfant.
  • La prévention et la lutte contre toutes les formes de discrimination, en particulier la discrimination raciale et toute inégalité de traitement, en raison d’un handicap mental ou physique, de la nationalité, ou de l’orientation sexuelle.

Le renforcement des capacités des membres de la société civile et la création d’un point anti-discrimination pour identifier et prendre en charge des cas de discrimination, ainsi que pour organiser des campagnes de plaidoyer et de sensibilisation, sont autant de vecteurs éminents  pour soutenir la défense des droits et des libertés individuelles et la lutte contre les discriminations.

Pour Mario Giuseppe Varrenti, Chef section gouvernance de la délégation de l’Union européenne, les priorités sont définies à chaque appel de projet. Citant les différents projets:  l’enfance, la lutte contre la discrimination, la participation citoyenne aux prochaines élections, éducation et sensibilisation électorale…

De ce fait, les cinq projets qui ont été sélectionnés couvrent ces thématiques. Il poursuit: « Aujourd’hui, nous lançons des consultations pour voir l’impact sur les prochaines années, mais aussi  les axes stratégiques du prochain appel à projet. »

De son côté, Sofiane Ouissi, directeur artistique de l’Art Rue, et un des bénéficiaires de l’appui de l’UE, a fait savoir qu’il y a une véritable urgence à répondre à cette jeunesse, car selon lui, les politiques, en ce moment, sont avides de propositions réelles.

Pour lutter contre la violence au sein de l’école, des pratiques artistiques seront mises en place dans huit écoles publiques primaires de quartiers défavorisés des gouvernorats de Tunis, Kairouan et Bizerte, pour « déconstruire cette violence », commente Aya Rebai, chef du projet, Art Education ( deuxième bénéficiaire du projet) pour l’association Art Rue. Elle souligne: « Notre projet comprend tout un programme autour de la violence à l’égard de l’enfant, comment déconstruire cette violence, comment rétablir le dialogue, comment agir sur son environnement. L’ objectif est de contribuer à la promotion et la défense des droits de l’enfant, en particulier à travers la protection et la prévention contre la maltraitance et la violence. D’où la mise en œuvre de ce programme. »

Il est clair que l’identification et l’accompagnement de 20 organisations de la société civile dans 20 gouvernorats a pour objectif  d’assurer non seulement un rôle de veille citoyenne, mais aussi l’observation des élections et du financement des campagnes électorales. Il en va de même de l’observation des processus électoraux locaux (municipales et régionales) et nationaux (législatives 2019) dans les 24 gouvernorats du pays, à travers un réseau de 50 «observateurs de long terme» et de 500 «observateurs de court terme», ainsi que la formation de 150 femmes candidates aux élections dans quatre gouvernorats cibles; la formation d’un réseau de 24 formateurs et de 120 éducateurs civiques et la création de clubs de la citoyenneté dans les lycées de 24 gouvernorats; l’organisation de trois campagnes de sensibilisation et d’éducation électorale dans six régions.

Sept ans après, un des acquis du 14 janvier 2011 est de pouvoir s’exprimer librement. Consolider la transition démocratique est un atout primordial à la réussite de la démocratie en Tunisie.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here