Chawki Gaddes : « Les Tunisiens doivent être conscients des risques »

Chawki Gaddes L'Economiste Maghrébin

Invité sur les ondes radiophoniques, Chawki Gaddes, président de l’Instance nationale de protection des données personnelles, a mis l’accent sur les risques encourus au cas où la carte biométrique voyait le jour.

Il a fait savoir que l’adoption d’une carte d’identité nationale biométrique en Tunisie engendrera des problèmes légaux. Il déclare à cet effet: « Même si la démarche demeure une grande avancée quand on parle de l’administration numérique, j’émets, en revanche, quelques réserves à propos de ladite carte, comportant ainsi un bon nombre de lacunes, à titre d’exemple le principe de la protection des données personnelles ainsi que le droit d’accès à l’information ». 

En d’autres termes, « cela ne fera qu’aggraver la situation car seuls les agents des forces de l’ordre y auront accès. Ce qui est anticonstitutionnel et constitue même une infraction, selon le droit constitutionnel, pour le non-respect de la vie privée », a-t-il indiqué.   

De ce fait, le projet de loi de la carte d’identité n’évoque pas le fichier qui sera mis en place par le ministère de l’Intérieur et encore moins si la société adjudicatrice du marché qui travaillera sur ce projet est nationale ou internationale. 

Cela dit, la grande question est de savoir si la carte biométrique représente une nouvelle liberté ou plutôt une restriction des libertés individuelles? Pour le président de l’Instance nationale de protection des données personnelles, ce serait plutôt une restriction.

Il précise: « A titre d’exemple, le détenteur de la carte n’a pas la possibilité d’accéder aux informations chiffrées de sa propre carte. De ce fait, il n’a pas non plus la possibilité de consulter ses propres  informations stockées l’empêchant ainsi de contester une fausse information ou de se défendre. »

Tout comme il serait impossible de sécuriser totalement la base de données en plus d’autres risques d’utilisation par des personnes malintentionnées des empreintes des citoyens tunisiens. Il conclut: « Les Tunisiens doivent être conscients des risques liés à l’usurpation de leurs données personnelles. »

 

 

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