Sami Tahri : les rapports entre l’UGTT et l’UTICA ne sont pas au beau fixe

négociations sociales - l'économiste maghrébin

Le porte-parole de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) Sami Tahri a indiqué lors de son passage sur Nesma tv, aujourd’hui, 25 décembre, que la centrale syndicale demeure indépendante.

«  L’UGTT souhaite qu’il y ait davantage de stabilité afin de pouvoir élaborer des programmes à long terme avec les bailleurs de fonds et d’autres pays », explique-t-il.

Pour lui la stabilité politique  va de pair avec la stabilité économique. A propos des rapports de la centrale ouvrière avec le gouvernement, il déclare : «  Nous ne ménageons pas nos critiques au gouvernement si nous constatons des manquements, tout comme  nous n’hésitons pas à exprimer nos encouragements à son endroit quand il prend des initiatives courageuses, comme pour la lutte contre la corruption ».  L’UGTT est contraire aux changements successifs  au sein du gouvernement, ajoute-t-il.

Revenant sur l’Accord de Carthage, il estime qu’un certain nombre de partis politiques n’en ont pas respecté le contenu. « Certains partis considèrent que l’accord de Carthage est uniquement un moyen pour accéder au gouvernement et d’autres veulent le vider de son sens sans même comprendre de quoi il s’agit  », regrette-t-il.

Quel avenir pour les relations UGTT – UTICA ?

Répondant à une question sur les rapports  entre l’UGTT et l’UTICA, Sami Tahri a indiqué qu’il s’agit d’une relation froide. «  Nos partenaires doivent savoir que la situation se dégrade dans plusieurs secteurs. Plusieurs déclarations émanant des leader de l’UTICA  portent atteinte à l’UGTT », proteste-t-il.

Sur un autre volet, Sami Tahri a affirmé qu’attribuer la responsabilité de l’ampleur de la crise économique du pays à l’UGTT est injuste. « Plusieurs responsables à l’UTICA sont hostiles à l’action syndicale et ils refusent d’appliquer les conventions collectives. Pis encore, ils sont hostiles à l’application des critères internationaux de l’emploi décent  et certains d’entre eux refusent même l’existence de syndicat des travailleurs dans leurs entreprises», assène-t-il.

En ce qui concerne le dossier des négociations sociales, Sami Tahri a regretté le fait qu’il existe des secteurs professionnels  qui n’ont pas bénéficié d’augmentations salariales depuis cinq ans, à l’instar du gardiennage et de la restauration.

Taxer le contribuable pour sauver les caisses sociales

Interpellé sur le sujet de la réforme des caisses sociales,  il a recommandé de ne pas recourir à l’endettement extérieur pour résoudre les problèmes des caisses sociales lesquelles sont déjà lourdement endettées.

Tout en affirmant que l’UTICA, gouvernement et UGTT sont unanimes en ce qui concerne le diagnostic des problèmes des caisses sociales, il a précisé qu’il n’en n’est pas de même pour les solutions proposées.  « Les solutions proposées par le gouvernement ciblent uniquement les affilées des caisses sociales (prolongation de l’âge du départ à la retraite, augmentation des cotisations, réduction des pensions de retraite) », dit-il tout en affirmant que c’est uniquement le contribuable qui va supporter le coût de la réforme.

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