Mena: les enjeux économiques, quel constat?

culture L'Economiste Maghrébin

L’annonce du président américain Donald Trump, de reconnaître Jérusalem, la capitale d’Israël a eu un effet Boomrang à l’échelle mondiale. On pouvait comprendre combien la rupture avec le monde arabe aura certes des conséquences indirectes et inversées. Mais plus encore la déstabilisation commence. Le Center for strategic and diplomatic studies organise en ce lundi un colloque sous le thème: “ les nouveaux changements et les répercussions sur le Maghreb”.

Ridha Saidi,  Conseiller économique auprès de la Présidence du Gouvernement a fait savoir que  les changements géopolitiques du Moyent-Orient auront certes des répercussions dans l’ensemble des pays du monde arabe, et sur la Tunisie également. Il précise dans ce contexte: « Il est vrai que sur le plan de l’investissement, les quelques projets réalisés de la part des  pays du Moyen-Orient sont toujours  à l’ordre du jour, même si nous aurons quelques retards lors de la réalisation. Or tôt ou tard, ils seront conçus ». 

De son côté, Elyes Fakhfakh ancien ministre des Finances fait aussi le même constat, à savoir qu’il y aura certes des répercussions, mais elles ne seront pas lourdes. Il déclare à cet effet: « La situation économique de notre pays est assez fragile pour que toute perturbation entraîne un choc exogène aussi bien au Moyen-orient qu’en Europe. D’ailleurs, nous n’avons pas d’autres  choix que celui de consolider nos acquis, en maîtrisant nos équilibres à travers des recettes internes,  combattre  l’évasion fiscale,  augmenter la production du  bassin minier et la production du gaz qui doivent revenir à leur niveau normal. Ce qui nous permettra de réduire nos importations, de maîtriser notre monnaie et notre endettement ». Et de poursuivre: « Il y a un travail énorme interne à faire qui peut nous soulager et éviter les tensions ».

Autre point soulevé lors du colloque est la hausse du prix du baril,  pour tous une augmentation du baril ne serait-ce que de 15 ou 20 dollars serait  une catastrophe en termes de déficit aussi bien budgétaire que commercial, autrement dit, un déséquilibre de la balance commerciale des hydrocarbures. En termes de solutions,  M Fakhfakh met l’accent sur le renforcement  des relations avec nos partenaires historiques à savoir l’Union européenne avec qui nous effectuons 70% de nos échanges commerciaux, alors q’avec le Moyen-Orient, ils n’atteignent même pas les 5% . Il ajoute: “Il est une fois de plus irresponsable de parler de diversification du marché. Tout comme nous devons travailler  sur l’ouverture du marché sur l’Afrique. Consolider notre partenariat avec l’Europe qui reste malgré tout une puissance économique, en attendant des jours meilleurs dans le contexte régional et un  retour sur l’investissement, pour qu’on puisse s’étendre sur de nouveaux marchés.”

Même si la Tunisie a toujours une position, de neutralité, un rôle médiateur quelques soit les crises  dans le monde arabe, cela n’empêche que pour la grande majorité des présents la Tunisie est un  exemple de réussite du printemps arabe. Abderrazak Kilani, avocat, affirme que le seul exemple de réussite du printemps arabe est la Tunisie. Il précise à cet effet: “ C’est le seul pays qui a résisté. Tant qu’il n’y a pas une démocratie dans le monde arabe, on restera en  crise.Or  accompagner cette transition démocratique est notre espoir. Mais notre crise est interne, elle n’est ni  sociale ni économique, elle est politique”.

Par ailleurs, Abdellah Laabidi, ancien diplomate et analyste politique soulève la même réponse que les bouleversements auront des répercussions sur  l’investissement. Il souligne: “Tout ce qui est économique ne peut se dérouler dans de bonnes conditions que s’il y a une stabilité et un climat propice à la sécurité”.

Qu’en est-il de la situation en Egypte?

Hafedh el Mirazi, universitaire égyptien affirme que sur le plan économique, la situation est de plus en plus floue. Selon lui, le poids prépondérant du pétrole  figure dans la croissance économique et son impact dans le monde arabo-américain, comme cela a été il y a 30 ans. Il conclut: « Aujourd’hui, les choses ont changé et toute suspension des relations arabo-américaines n’est pas d’actualité, car les enjeux sont très importants ».

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