Football tunisien: la horde sauvage

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Les téléspectateurs du Classico tunisien entre l’Etoile Sportive du Sahel (ESS) et l’Espérance Sportive de Tunis (EST) ont vécu dimanche 26 novembre 2017 un moment de tristesse. Pour ne pas dire de pitié pour un football qui a bien touché le fond. Plus précisément le fond de l’abîme. Le public sportif attend des sanctions. En espérant que l’on fera mieux que par le passé !


Ce fut un spectacle qui se devait d’épater la foule. « Donnez-leur du pain et du cirque », recommandait César. La rencontre était diffusée à la télévision nationale un dimanche soir. De surcroît en Access prime time. Comprenez à un moment qui précède la grande audience du soir située à partir de 20 heures.

La rencontre opposait l’ESS à l’EST, deux grands clubs du football tunisien. Qui ont fait toujours les beaux jours du sport le plus populaire en Tunisie. Avec des gloires qui ont hissé à maintes reprises bien haut l’étendard tunisien.

Une profondeur insondable

Autant dire que le spectacle était assuré. Et malgré les lacunes que l’on connaît au football tunisien et sa petitesse comparé à celui européen, on pouvait passer un beau moment. Après tout, la proximité pouvait nous retenir à nos sièges de téléspectateurs.

En lieu et place, nous avons vécu un moment de tristesse. Pour ne pas dire de pitié pour un football qui a bien touché le fond. Plus précisément le fond de l’abîme.

Pouvait-on descendre plus bas ? Le précipice dans lequel notre football s’est engouffré, ce dimanche 26 novembre 2017, au stade olympique de Sousse, n’a-t-il pas une profondeur insondable ?

Un match de football ou un véritable pugilat ? Le téléspectateur s’est perdu en conjectures. Un pugilat dans lequel se sont engagés joueurs aussi bien tunisiens et étrangers. Mais également dirigeants et staff techniques censés être des éducateurs. Et donner l’exemple.

Des violences souvent d’une rare intensité. Bien que sanctionnés par l’arbitre, certains joueurs ont tenu à aller jusqu’au bout de la « protestation ». Et il fallait tout le courage et toute l’abnégation de la police ou de leurs camarades pour éviter le pire.

Le jeu quasi macabre de la violence


Bien plus grave, des joueurs faisant partie de l’élite, des internationaux qui devront dans quelques mois représenter le pays à la plus grande compétition mondiale du football, la Coupe du monde du football Russie 2018, se sont prêtés au jeu quasi macabre de la violence qui a émaillé de nombreux instants de la rencontre.

Oubliant souvent que les médias, et notamment les chaînes de télévision, étaient présents. En témoigne les commentaires de France 24, d’Al Jazeera et d’Al Arabya et autres BBC qui n’ont pas décrit le football tunisien sous son plus beau jour.

Les joueurs oublient qu’ils ne font ainsi que ternir une image déjà peu reluisante des footballeurs tunisiens – malgré des réussites certaines – et qui n’occupent pas encore, comparé à des footballeurs de pays voisins, une place de choix.

Pour l’heure, la réaction du ministère des Sports a semblé molle eu égard à la gravité de la situation. Même si le communiqué, diffusé par le ministère le lendemain du Classico, a appelé « les instances sportives à prendre toutes les sanctions nécessaires contre les fautifs dans ce match ».

Le public sportif attend. En espérant que l’on fera mieux que par le passé !

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