Les libertés économiques régressent en Tunisie

Le 21e siècle voit naître un nouveau visage de la liberté économique. Qu’en est-il en Tunisie ?  Tel est l’un des  thèmes abordés par  la Fondation Friedrich Naumann pour les libertés – en partenariat avec Fraser Institute, L’Economiste Maghrébin, l’IACE, Tunisian Startups et l’Arab Center for Scientific Research and Humane Studies -, lors du 12e Forum régional pour la liberté économique dans le Monde arabe, organisé les 24, 25  et 26 novembre 2017 à Tunis.

Des experts et des chefs d’entreprise étrangers en provenance de plusieurs pays arabes de la région MENA dont la Syrie, la Mauritanie,  le Maroc, la Jordanie et bien d’autres  ont participé à ce forum et ont tenté de  répondre à certaines problématiques liées à la liberté économique et commerciale, en se référant au rapport mondial Fraser, présenté lors de ce forum, qui classe les pays du monde arabe suivant les indicateurs suivants : une monnaie saine, la réglementation en vigueur, le libre-échange, la taille du pays, la protection du droit de propriété.

La Tunisie est classée au 117ème rang sur 160 pays en termes de liberté économique dans le rapport “Liberté économique pour l’année 2016” (selon les indicateurs de 2015), élaboré par l’Institut canadien Fraser.

Ralf Erbel, le représentant en Tunisie et Libye de la Fondation Friederich Naumann, a déclaré que pour le cas de la Tunisie, selon les indicateurs cités par le rapport, la liberté économique y a régressé au cours de ces dernières années. C’est pourquoi, il faut s’atteler à l’améliorer d’autant plus que la Tunisie a tout pour réussir. Cependant,  « sans réformes profondes, point d’emplois ni de croissance durable », a-t-il précisé.

Majdi Hassen,  directeur exécutif de l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprises (IACE), a donné son point de vue sur cette détérioration du  classement de la Tunisie laquelle, selon lui,  pourrait être surmontée. 

« Il faudrait insister pour que les réformes soient mises en place rapidement, car les résultats ne se verront que dans deux ou trois ans », a-t-il dit. Des réformes telle la réglementation du marché du travail qui n’a pas été encore entamée en Tunisie. Il y a nécessité d’instaurer plus de flexibilité dans le marché du travail. Il a cité l’exemple de l’existence en Tunisie de plus de 4000 freelancers qui n’ont pas un cadre légal mais et qui sont organisés dans une association. Or  introduire la flexi sécurité du Travail en tunisie est primordiale. Il ajoute: “ Il faudrait comprendre que l’on préserve le travail et non les  postes d’emploi”.

Et d’ajouter: »Commençons par l’annualisation du temps de travail en Tunisie. En d’autres termes, ce que M. Hassen préconise, c’est de travailler plus quand il y a un pic d’activités et donner plus de temps libre et de congé au salarié quand l’emploi du temps est plus allégé. “Cela  permet à l’entreprise d’améliorer sa productivité, qui est le principal problème actuellement de l’économie tunisienne », argumente-t-il.

Evoquant l’exemple du Maroc,  Dr. Nouh El Harmouzi Editor of the Arabic-language news and analysis site MinbarAlHurriyya.org of the Atlas Economic Research Foundation/ Cato Institute (USA) and University professor at Ibn Toufail University in Kenitra, Morocco, a souligné pour sa part qu’il faut proposer des solutions, à l’instar de l’ouverture des frontières dans les pays du monde arabe, où il a rappelé que la majorité des échanges commerciaux se font avec l’Europe. « Ce qui constitue un grand handicap  à propos de la liberté du commerce », a-t-il poursuivi.

Des ateliers et des conférences ont  été également organisés pour analyser l’état des lieux de la liberté économique dans les pays arabes et les voies pour développer la liberté commerciale dans ces pays. Dans le même cadre, Olaf Kellerhoff, représentant du Maroc de la Fondation Friederich Naumann pour la liberté, a fait savoir que l’intérêt est de trouver des solutions communes en termes de libertés économiques. Il a déclaré à cet effet:  » Il y a beaucoup de potentiel au niveau de la jeunesse. Que ce soit en Tunisie ou au Maroc, il y a guère un échange entre les deux pays mais plutôt l’Europe. Il faut voir les solutions comme  l’infrastructure, l’éducation et bien d’autres. »

Les conférenciers et participants au forum ont analysé les résultats du rapport sur la liberté économique dans le Monde Arabe en 2017.  Un des participants,  Zied Ouled Ali, fondateur de Rock Solid Cloud Infrastructure, a regretté que la liberté d’entreprendre n’ait pas encore sa place en Tunisie. L’administration tunisienne rest selon lui, un handicap majeur pour le développement des start-ups.

Ces résultats feront l’objet de débats et discussions pour formuler des recommandations en vue d’améliorer le classement des pays arabes en matière de liberté économique.

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