Le parcours du combattant des étudiants subsahariens

La Tunisie  a toujours été considérée par les  étudiants camerounais, congolais ou ivoiriens  comme terre d’accueil et de savoir pour les formations qu’elle offre, et ce, depuis 1968. Cependant nombre d’entre eux ont dû déchanter pour les difficultés rencontrées pour l’obtention de la carte de séjour et les pénalités auxquelles ils sont soumis en cas de dépassement (20 dinars par semaine)  sans parler de la difficulté de se loger. Tant et si bien que leur nombre s’est réduit comme peau de chagrin : en 2010, avant la révolution, ils étaient  12 mille étudiants subsahariens.  Six ans plus tard, ce nombre a rétréci, on ne compte que  4 mille étudiants aujourd’hui.

Les causes de cette baisse ? C’est en présence de nombreuses personnalités du monde de l’enseignement supérieur et de la formation professionnelle, des ministres tunisiens de l’Enseignement supérieur et de celui de la Formation professionnelle, de nombreux ministres d’Afrique subsaharienne et de responsables de TABC que le Chef du gouvernement, Youssef Chahed,  a procédé, ce mardi 22 août, au Palais des Congrès de Tunis à l’ouverture officielle de la première édition du forum « Tunisian African Empowerment Forum », qui se propose de promouvoir la destination Tunisie en matière d’enseignement supérieur et de formation professionnelle pour les étudiants et stagiaires de l’Afrique subsaharienne avec l’intention d’attirer 20.000 étudiants et stagiaires subsahariens.

  Sur la question de fond, à savoir les obstacles que rencontrent les jeunes étudiants subsahariens,  Mack Arthur Deongane Yopasho,  président en exercice de l’AESAT (Association des étudiants et stagiaires africains en Tunisie)  a pointé du doigt “ l’obtention de la carte de séjour ainsi que la fameuse pénalité ». 

Il a souligné: “Les ressortissants de certains pays qui n’ont pas une convention bilatérale avec la Tunisie sont ceux qui souffrent le plus. Autrement dit, ils n’auront  qu’un visa d’une semaine ou deux pas plus. D’où la contradiction. Or pour avoir une attestation de l’université, il faut séjourner  au moins un mois sur le territoire tunisien. En outre, en cas de dépassement, ils sont soumis à une pénalité qui se monte à 20 dinars par semaine, soit  80 dinars par mois ». 

Il ajoute : “ Certains étudiants se trouvent bloqués car ils doivent payer toutes les pénalités avant leur sortie.  L’application de la loi 1968 relative à la condition des étudiants étrangers ne répond plus à la réalité d’aujourd’hui, car la Tunisie de 1968 n’est plus cette Tunisie de 2017, il va falloir revoir cette loi pour que’elle soit adaptée ».

Il conclut « pour le mois d’août on a recensé plus de 150 dossiers relatifs aux difficultés dues aux pénalités.  C’est le parcours du combattant pour l’étudiant subsaharien ».

Cette image d’Epinal de la Tunisie comme terre d’accueil et de savoir est battue en brèche par une loi, qui remonte à 1968, devenue obsolète,  et qui régule l’entrée des étudiants africains sur le sol national. Cela dit, les travaux offriront-ils une nouvelle perspective d’un vrai débat à toutes ces questions ? Wait and see..

Que dit l’article 7 de la loi relative à la condition des étrangers en Tunisie. Journal officiel du 8-12 Mars 1968.

Art. 7. – Sont dispensés du visa d’entrée et de séjour pendant une durée de trois mois les ressortissants des Etats ayant conclu avec l’Etat tunisien des conventions pour la suppression de cette formalité, à l’exception de ceux qui ont fait l’objet soit d’une mesure d’expulsion du territoire tunisien, soit d’une décision de refus d’autorisation de séjour, soit d’une interdiction de résider en Tunisie à l’occasion d’un précédent séjour. Sont également dispensés du visa : -Les étrangers se trouvant dans un port tunisien à bord d’un navire y faisant escale à destination de l’étranger, dès lors qu’ils ne quittent pas le navire;

-Les étrangers transitant par le territoire tunisien par voie aérienne, à condition qu’ils ne sortent pas des limites de l’aéroport durant les escales.

 

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