Jeûner ou ne pas jeûner ? That is the question

Ne pas manger, ne pas boire jusqu’au coucher du soleil tout le long du mois du Ramadan constituent un défi difficile à relever  pour une bonne partie des Tunisiens. Eh oui, les heures sont longues, mais plus encore la tentation est grande. 

Vous voyez de la nourriture partout ? Vous vous êtes découvert une fascination pour les aiguilles de votre montre ? Qu’en pensent les Tunisiens du jeûne,  incite-t-il à dépenser plus ? Il est clair que les avis sont partagés.

Anis Boughanmi,  rencontré dans une cafétéria à Tunis, avoue qu’il dépense moins durant ce mois car les occasions sont plus rares. Il nous confie: « Sincèrement, je  ne jeûne pas, mais c’est un choix qui est purement personnel et je ne comprends pas pourquoi on nous prive de la possibilité de consommer durant la journée alors que  dans d’autres pays, tous les restaurants  et les cafétérias restent ouverts durant la journée. » 

Il poursuit: « Cette année c’est la même chose. Les cafés  que je fréquente sont les mêmes. D’ailleurs, il n’y a pas de changement particulier. Cependant si certains d’entre eux restent fermés, c’est leur choix.  En revanche, si vous me posez la question qui du jeûneur ou du non-jeûneur dépense le plus, la réponse est claire : le jeûneur dépense plus ».

De son côté, Aymen Daboussi, psychologue, a déclaré: « Je ne jeûne pas. Même si trouver un  endroit pour manger tranquillement c’est beaucoup plus difficile que de prendre un petit déjeuner, ou boire son café tranquillement. Pour cause: la qualité du service est médiocre et en  plus c’est plus cher.  La cafétéria est bondée et il y a  une mauvaise ventilation. En somme, je paie 5 dinars en moyenne par jour contrairement aux autres mois ».

Abdelfatah Mrabet, un non-jeûneur, confie : « En fait, le matin  avant de sortir,  je me désaltère et mange un fruit ».  Evoquant le buzz de Adel Almi, ancien marchand de légumes auto-proclamé prédicateur religieux, qui proclame à cor et à cri sur les réseaux sociaux : « Chassez les fattara« , il déclare:   » Aujourd’hui, il est devenu la risée des réseaux sociaux, les internautes n’ont pas hésité à le ridiculiser.  Il fait de la provocation pour être visible, il ne faut pas entrer dans son jeu  pour quelqu’un qui s’autoproclame cheikh. ».

Et d’ajouter: « Cette chasse aux sorcières qu’il essaie de provoquer relève du pénal. Il essaie de monter les uns contre les autres.  Dans  un Etat droit, les personnes se différencient par ce qu’elles apportent à la société et non pas si elles jeûnent ou pas ».

D’ailleurs, l’Association tunisienne de soutien des minorités, plus connue  come ATSM,  a décidé de porter plainte contre l’agitateur islamiste Adel Almi, qui traque les « fattaras »,  et ce, en saisissant la justice contre ce prédicateur pour harcèlement et non-respect de l’article 6 de la Constitution,  qui garantit la liberté de culte. 

Notons également qu’une campagne intitulée #mouch_bessif, une manifestation aura lieu dimanche 11 juin  devant le Théâtre municipal pour revendiquer l’ouverture des restaurants et des cafés durant les jours de Ramadan.

Que stipule l’article 6?

L’Etat est le gardien de la religion. Il garantit la liberté de croyance, de conscience et le libre exercice des cultes ; il est le garant de la neutralité des mosquées et lieux de culte par rapport à toute instrumentalisation partisane.

L’Etat s’engage à diffuser les valeurs de modération et de tolérance, à protéger le sacré et à interdire d’y porter atteinte, comme il s’engage à interdire les campagnes d’accusation d’apostasie et l’incitation à la haine et à la violence.

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