Nidaa Tounes : La réconciliation, condition sine qua non de la relance économique

Il aura fallu attendre plus de cinq ans après la révolution pour évoquer la réconciliation économique et financière. Un sujet d’actualité qui défraye depuis des mois  la chronique. Le projet de loi y afférent a été l’objet de la conférence de presse organisée par Nidaa Tounes.

L’ancien ministre du Commerce et membre de Nidaa Tounes, Mohsen Hassen,  a souligné que le fait d’en parler maintenant est une bonne chose car cela va aider à débloquer la situation économique du pays.

Il précise: « On a choisi d’en parler car tout est lié aussi bien le déficit commercial que la lutte contre le chômage. Si un tel projet de loi voit le jour, cela nous permettra d’avoir une autre optique de développement économique et social. A titre d’exemple, cela permet d’envisager plusieurs projets au profit des jeunes  et à les inciter à la culture entrepreneuriale ».

Et de poursuivre: « Je pense que si le projet de loi relatif à la réconciliation économique sera adopté, la relance économique sera au rendez-vous, alors que le coût  de la non-réconciliation est énorme, il se chiffre à des milliards ».

De son côté, Mourad Dellech, président de la Commission juridique de Nidaa Tounes,  a rappelé qu’il  y a eu  une amélioration de la version initiale suite aux discussions avec la saisine de la commission de Venise,(organe consultatif du Conseil de l’Europe composé d’experts en droit constitutionnel).

Il précise: « Cette loi doit passer pour nous débarrasser de cette chape de plomb qui freine la relance économique. Il n’est pas admissible de maintenir les décideurs de la fonction publique dans le doute lesquels, par crainte de poursuites judiciaires, refusent d’engager leur responsabilité dans des actions qui pourraient faire avancer les choses.  Il s’avère nécessaire de créer à l’ARP une instance indépendante de conciliation », conclut-il.

Un des gros dossiers qu’a lancé le président de la République Béji Caïd Essebsi est le dossier de la réconciliation économique, qui est contre-productif, affirme de son côté Charefeddine Kellil, avocat avocat des blessés et martyrs de la Révolution et  représentant de la campagne “Manich Mssameh”,

Il précise: “A travers ce projet de loi, le président de la République a voulu montrer qu’il n’est pas le président de tous les Tunisiens mais uniquement une minorité. Or  ce qui s’est passé il y a eu un marché entre Nidaa tounes et Ennahdha afin qu’ils puissent bénéficier de la majorité des députés lors du passage au vote.

« Ce projet de loi est contraire aux  dispositions fondamentales de la justice transitionnelle  ainsi que celle de la lutte contre l’impunité, qui servirait à protéger les corrompus et à blanchir leur crime », a-t-il martelé.

Plusieurs organisations  de la société civile comme I watch, Youth can, al Bawsala, la Ligue des Droits de l’Homme,  le réseau Euromed , Avocats sans Frontières et la FTDES se mobiliseront  sur tout le territoire et publieront dans les jours qui suivent un communiqué conjoint pour affirmer leur refus  de ce projet de loi.

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