Mouvements sociaux : spirale infernale

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photo d'archives

C’est désespérant ! L’ascenseur social est en panne et les inégalités entre les régions se sont accrues alimentant des revendications sans fin. Elles ont toujours tendance à croître dans les périodes de crise. Plusieurs régions se trouvent encore et  toujours hors de portée du développement.

Aux yeux des contestataires, les mesures et programmes adoptés à maintes reprises sont peu attractifs. C’est le cas d’ailleurs dans de nombreuses régions où la tension est montée d’un cran ces derniers jours.

En l’absence d’une stratégie claire, la prise de décisions dans l’urgence et sous pression au profit d’une région en révolte pose problème et pousse d’autres régions à se déclarer défavorisées pour occuper la tête de liste des régions prioritaires.

Cela est prouvé à chaque fois qu’une vague de protestations se déclenche dans un gouvernorat ou une ville. Dans l’immédiat, l’onde des revendications et mouvements sociaux se propage très vite à d’autres villes. Après Kasserine et Ben Guerdane, les protestations se sont propagées ces derniers jours au Kef, à Tatouine et à Kairouan qui occupent le bas de l’échelle  en termes de services, de transparence, de cadre de vie, de climat des affaires et d’approche participative. En effet, les indices les plus bas liés à l’attractivité régionale sont enregistrés dans ces régions.

Mais si les motivations des mouvements sociaux  semblent toujours les mêmes, certaines sont exacerbées par des facteurs aggravants telles la pauvreté, l’exclusion et l’injustice sociales qui sont réelles et palpables . D’où excès et dérapages.

Le plus difficile n’est pas de prendre des décisions, mais comment les mettre efficacement en œuvre. La discrimination positive ne semble pas porter ses fruits. Il est donc plus approprié de faire un effort de ciblage régional. Cela permettrait de fixer des programmes plus pertinents taillés à la mesure de chaque région et d’éviter les incohérences de certaines actions.

Dans certaines régions où il est facile de se faire de l’argent au point que le revenu quotidien dans le secteur informel est parfois plus élevé que le revenu mensuel d’un fonctionnaire dans le secteur public, nul besoin dans ces contrées de créer des emplois formels tant que l’on n’a pas résolu le fléau de la contrebande  qui prospère dans les zones frontalières.

Il n’empêche que ce constat devrait sans doute être pris en considération par les décideurs pour intervenir efficacement auprès des personnes en difficultés réelles et orienter prioritairement, quand le climat social le permet, l’aide vers ceux qui stagnent au bas de l’échelle et ceux qui en ont le plus besoin en identifiant ceux qui sont prioritaires et ceux qui ne le sont pas, et ce, pour assurer un mode de vie minimal acceptable. L’heure n’est plus aux tergiversations.

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