Régions en déshérence : encore cette plaie qui saigne

taux de chômage L'Economiste Maghrébin

Un Conseil régional se tiendra aujourd’hui au Kef, sous la présidence d’une délégation ministérielle, et une autre délégation ministérielle se dirigera vers le gouvernorat de Tataouine  sur fond d’émeutes sociales survenues récemment dans ce gouvernorat.  

Les motivations sont toujours les mêmes : l’emploi et le développement régional. Pour le gouvernorat du Kef, c’est la fermeture d’une usine qui fabrique des câbles pour voitures qui  a déclenché un sit-in ouvert par les ouvriers et à Tataouine, depuis des semaines les protestations ne manquent pas de créer la tension. Ainsi, la délégation sera chargée  d’évaluer la situation et d’écouter les manifestants.

Six ans après la révolution, les gouvernements successifs se sont contentés à chaque mouvement social d’adopter la politique du pompier. Mais une fois la délégation envoyée en urgence éteindre l’incendie repartie, les problèmes demeurent . Et pour cause, régler la question du développement de régions laissées-pour – compte pendant des décennies requiert des efforts gigantesques et les actions ponctuelles décidées à la va-vite pour rétablir un semblant de confiance de la population se révèlent invariablement insuffisantes.

Il est grand temps de prendre le taureau par les cornes et de s’attaquer sérieusement aux vrais problèmes en mettant à contribution les populations concernées et leur faire sentir que dorénavant les choses vont bouger dans le bon sens.  A commencer par la mise en application d’une stratégie globale qui va aboutir à l’inclusion sociale. Il est clair que cette stratégie qui sera déployée requiert du temps. Il faudra donc s’ingénier à en donner des signes palpables pour rétablir la confiance des populations et les faire patienter.  Car ces six ans de l’après-révolution ont démontré que la paix sociale n’a pas de prix  et que les visites officielles, si elles ne sont pas suivies d’actions concrètes et immédiates, ne convaincront pas.

Alors que le nouveau cadre juridique sur l’investissement  est entré en vigueur depuis le 1er avril 2017, que la date de la tenue des élections municipales a été fixée au 17 décembre 2017 et  que plusieurs réformes sont en vue, l’on est on droit de s’attendre à  une réelle dynamique dans les régions en déshérence, notamment avec les incitations  et les avantages accordés aux investisseurs qui vont choisir d’exercer dans ces régions. Un choix, bien évidemment, qui sera dicté avant tout par le potentiel que recèlent ces régions et certainement pas  dans le cadre de la responsabilité sociale des entreprises qui accepteront de tenter l’aventure.

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