Six ans après la révolution : comment aller de l’avant ?

Crisis group L'Economiste Maghrébin

Six ans après le 14 janvier, les Tunisiens aspirent à un profond changement.Un espoir auquel s’accrochent un bon nombre de Tunisiens de la Tunisie nouvelle. Et pourtant, la réalité est tout autre. Une fois de plus le chômage en hausse, 15.6%, contre 15.4% au premier trimestre, le pouvoir d’achat en chute libre ( 40% en moins). Malgré l’instabilité politique,  qui frise parfois le chaos, la plupart des Tunisiens s’accordent à dire que le seul  et réel acquis  obtenu grâce à la révolution est de pouvoir s’exprimer librement.

Un constat que confirme Wahid Ferchichi, professeur de droit public : « Il s’agit d’un acquis de taille », nous a-t-il dit. Il ajoute: « Chaque jour lorsque j’ouvre la radio et j’écoute Megalo qui est en train de mimer le Chef de l’Etat, je me dis quand même, nous sommes encore dans un projet de démocratie. Et je trouve que c’est très révélateur. Car à un moment donné, quand l’émission des Guignols de l’info version tunisienne s’est arrêtée, j’ai été réellement très déçu, à la limite un peu inquiet. Or le fait de continuer à ne pas sacraliser les politiques  cela prouve qu’on est encore dans une atmosphère qui permet la liberté d’expression, un grand  grain de la révolution tunisienne ».

Pour d’autres, le bilan est mitigé, confie Salsabil Klibi, enseignante en droit constitutionnel. Pour elle,  il n’y a pas d’exception tunisienne car  « je n’aime pas beaucoup qu’on compare la Tunisie uniquement à la région du Maghreb”, a-t-elle souligné.

Mais la question est de savoir quel est le bilan de ces six ans ? Les attentes des Tunisiens ont-elles été satisfaites au moins en partie ?  Où se situent les vraies valeurs ? Un autre sujet de préoccupation est la corruption qui n’est pas en passe de s’étioler, tant s’en faut.  Or changer ce qui a été détruit, ça ne se fait pas en un claquement de doigts, « ce ne sont pas les lois qui changeront les mentalités », soutient Mme Klibi.

Elle conclut: « Le modèle de société ne fait pas l’unanimité. C’est bien de critiquer, mais il faut aussi avoir le sens des  réalités.  Or  le vrai travail commence maintenant. une Constitution, il faut l’appliquer  à travers la mise  en place des institutions et des lois qui tardent à être mises en oeuvre. Il faut également réviser les lois qui existent déjà pour les mettre en conformité avec la Constitution. C’est comme cela qu’on va de l’avant.  Il faut prendre garde, la patience des Tunisiens est à bout. Tel est le message adressé aux décideurs politiques qui devraient être plus à l’écoute des citoyens. »

 

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