Trente députés réclament un droit de réponse à Manuel Valls

Colibe- L'-Economiste Maghrébin

Trente députés viennent de signer une pétition, dans la journée du mardi 10 janvier, pour exprimer leur mécontentement quant aux propos de Manuel Valls concernant le port du voile en Tunisie : “Le  port du voile est imposé aux femmes tunisiennes, comme ce fut le cas en Iran”, a-t-il déclaré .

En d’autres termes, il place  l’Iran et la Tunisie sur un  pied d’égalité concernant  l’obligation du port du voile, oubliant  que la Tunisie a été le premier pays arabe à légaliser le droit de vote des femmes en 1959, devançant même certains pays développés.

Leila Oueled Ali, députée du parti Nidaa Tounes, a lancé un appel exigeant un droit de réponse à Manuel Valls. Dans une déclaration, elle  a affirmé que  la pétition a été signée par des différents partis et que le nombre pourrait augmenter dans les jours à venir, en incluant également les représentants et  représentantes de la société civile.

Elle a  aussi ajouté  que Manuel Valls  devrait présenter ses excuses aux  femmes tunisiennes. Car il ne faut pas non plus oublier que  grâce à leur militantisme et à leur combat incessant pour leurs droits acquis,  la situation sociale des femmes s’est grandement améliorée, notamment quand  la Tunisie s’est classée première dans le domaine de la protection des droits des femmes dans le monde arabe.

La députée a rappelé la persévérance des femmes tunisiennes, décrites comme étant tenaces,  perspicaces et toujours en première ligne car c’est à travers elles que la Tunisie s’est construite et se construit.

Elle a également  ajouté qu’il faudrait rappeler à M. Valls le geste symbolique du Leader Habib Bourguiba qui est descendu dans la rue et a dévoilé une passante pour exhorter les femmes à se défaire du carcan qui les empêche de prendre leur envol, celui des libertés consacrées par le Code du statut personnel.   En effet, dans une interview, le père de la nation Habib Bourguiba avait déclaré :  « Je me suis rendu compte de la gravité du problème, il s’agit de s’attaquer à une mentalité, à des habitudes ».


Les femmes tunisiennes  ont  affirmé leur place dans la société, certes, mais  sont-elles  parvenues à gagner de nouveaux droits outre ceux figurant dans le Code du statut personnel ? Il y a certes une indéniable évolution depuis le fameux code en termes d’initiatives courageuses, d’abnégation et de détermination qui ont crée une société civile consciente aujourd’hui de son poids dans la construction de la Tunisie de demain.

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