Wided Bouchamaoui : « Les contraintes de temps et de moyens nous mettent à rude épreuve »

La Fondation Allemande Konrad Adenauer a organisé à Berlin, du 8 au 10 novembre, une conférence internationale intitulée : « Rôle de la société civile en Afrique du Nord dans l’ouverture de la voie vers la démocratie ». Invitée à cet événement international, la présidente de l’UTICA, Mme Wided Bouchamaoui a donné une conférence ayant pour thème « Le rôle de la société civile tunisienne, inspiration pour l’Afrique du Nord ».

Mme Bouchamaoui a entamé son intervention en déclarant que l’expérience menée par le Quartet du dialogue national, récompensée par l’obtention du Prix Nobel de la Paix 2015,  est une réussite mais il est souvent difficile de réécrire l’histoire d’une réussite, d’une success story. Elle a ajouté qu’en prenant appui sur l’expérience tunisienne, on peut réfléchir sur la façon dont on peut « sauver » un pays de la décadence et de l’échec en s’impliquant dans une action patriotique, de « sauvetage », de l’élévation de ses valeurs sur une voie libérée du despotisme et du sous-développement.

La présidente de l’UTICA a en outre affirmé  que la Tunisie se bat depuis six ans pour asseoir un système démocratique, répondre à des pressions sociales quotidiennes, lutter contre le danger terroriste et relancer une situation économique asphyxiée par une atmosphère générale de doute et d’incertitude. Depuis 2011, les Tunisiennes  et les Tunisiens élèvent partout la voix pour exiger la liberté, dans un pays qui, pendant des années, a réalisé une croissance économique moyenne de 6 %.

« Aujourd’hui, la Tunisie est considérée comme une exception, et ce, du fait qu’elle a su – à temps – éviter les conflits par le biais du dialogue et du compromis. Il va s’en dire que beaucoup de travail reste à faire. L’année 2016 doit être l’année du changement économique et social en Tunisie à l’instar de l’année 2015 qui a été l’année du succès de la transition démocratique », a déclaré la présidente de l’UTICA

Pour conclure son intervention, la présidente de la centrale patronale a affirmé que la Tunisie entretient encore des lueurs d’espoir pour que cette vague de liberté, saluée par le monde entier il y a plus de cinq ans, ne tourne pas au cauchemar dans la région et même au-delà. Les contraintes de temps et de moyens nous mettent à rude épreuve. Le temps du changement peut, certes, paraître trop long, bien plus long que ce que nous aurions voulu, mais peut-être que la lucidité est aussi de croire, avec sérénité, au temps long de l’histoire, celui qui exige une refonte profonde des institutions et une mise en mouvement des valeurs révolutionnaires au rythme fabuleux d’une nation tout entière. Une nation qui rêve de prendre son destin en main pour la paix et la liberté.

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