Une conférence de plus, mais pour quoi faire ?

conférence investissement

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, et dans un Sud en ébullition permanente et toujours prêt à se soulever pour le moindre prétexte, les contrebandiers qui brassent large à la frontière d’une Libye voisine qui tente de sortir du chaos, n’ont pas trouvé mieux que de faire appel aux services de mercenaires libyens armés jusqu’aux dents pour protéger leurs activités illicites.

Il faut le faire! Et puisqu’on nage en pleine tromperie, restons-y : je viens de lire que 80% des couples tunisiens (avec une parité hommes-femmes), auraient commis l’adultère, que cinq millions de nos compatriotes visitent des sites porno­graphiques et que l’on a enregistré 900 cas de mariage coutumier!

Du pain bénit pour les défenseurs zélés de la vertu et du retour à l’ordre moral. Mais tout n’est pas noir, fort heureusement. Témoin, cette participation remarquable et remarquée de nos athlètes paralympiques aux Jeux de Rio 2016, et qui viennent de nous rappeler de manière éloquente, que les invalides, c’est bien nous et pas eux. Une belle leçon de courage et de patriotisme qui vaut tous les discours fielleux d’une classe politique qui s’est avérée futile, infantile et complètement inutile comme, du reste, cette pitoyable Ligue arabe, dont on vient justement de prendre les commandes au niveau de la présidence du Conseil pour un mandat d’une année.

Je veux bien croire le chef de la diplomatie tunisienne Khémaies Jhinaoui lorsqu’il dit, sur un ton très solen­nel, que la présidence tunisienne fera tout et je cite, « pour servir la cause de la nation arabe, consolider la solidarité arabe, œuvrer à la réforme de la Ligue et relever l’action arabe commune ». De belles paroles déjà entendues et qui, malheureusement, sonnent faux dans un contexte régional arabe en feu et où la Ligue a largement démontré qu’elle était complètement out.Que son secrétaire général, l’Egyptien Ahmed Aboulgueith, vienne à Tunis pour nous rejouer la même partition, cela fait sourire.

Je dirais la même chose à propos de l’UMA et de son secrétaire général, notre compatriote Taieb Baccouche. Que ce soit en Syrie, au Yémen ou en Libye, on ne peut pas dire que ces deux organisations régionales ont fait grand-chose, et tout se passe comme si on ignorait même leur existence ou presque.

Du sang partout et des déplacés par millions à secourir; tout porte à croire que le tribut à payer par les civils, princi­pales victimes dans des conflits qui semblent sans fin, va aller en s’aggravant et il ne faut pas trop compter sur des puissances occidentales qui, d’une manière ou d’une autre, attisent le feu d’une machine de guerre devenue infernale.

Alors, de grâce, messieurs, ne venez plus nous parler pompeusement d’action arabe commune, étant bien sûr entendu que le sort des peuples arabes ne se joue, ni au Caire, ni à Rabat, ni d’ailleurs dans aucune autre capitale arabe; il n’y a vraiment pas photo. Cela dit, on nous promet pour novembre une conférence internationale sur l’investissement en Tunisie, qui se tiendra à Tunis pour inciter les investisseurs étrangers hésitants ou pas convaincus, à venir mettre leur argent dans un pays où ils ne sont sûrs de rien! Une confé­rence de plus, mais pour quoi faire, quand on sait qu’il y a dans ce pays des concitoyens riches comme Crésus qui rechignent à mettre la main à la poche parce qu’ils n’ont pas confiance?

Commençons d’abord par donner l’exemple, l’intendance suivra.

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