Rym Mahjoub : «Les emprunts doivent être réservés à l’investissement et non à la compensation budgétaire»

Rym Mahjoub L'Economiste Maghébin
Rym Mahjoub à l'Assemblée des représentants du peuple.

Après avoir obtenu la confiance du Parlement, le nouveau gouvernement Chahed doit relever plusieurs défis socioéconomique et politique. Quel bilan peut-on dresser des gouvernements précédents, mais aussi du discours du chef du gouvernement? Qu’en pense le parti Afek Tounes?

Rym Mahjoub, députée du parti Afek Tounes, a indiqué : « Il y a une nouveauté. Un discours positif sans langue de bois, en dialecte, où le Tunisien se reconnaît. Mais ce qui est intéressant ce sont les actes plutôt que les paroles. Avancer que chaque gouvernement n’a rien fait alors que nous n’avons aucune donnée exacte n’a pas d’intérêt. Je trouve que chaque gouvernement dit la même chose. Mais, du discours de Youssef Chahed, il émane une volonté de  changement. Il faut  secouer l’administration et aller vers des réformes en profondeur. »

Et d’ajouter : « Mais ce que je déplore le plus c’est qu’il n’a pas été précisé qui sont les vrais responsables de cette situation, essentiellement la Troïka et ensuite le gouvernement Jomâa. »

Evoquant la responsabilité des gouvernements précédents, Mme Mahjoub souligne : « Je ne pense pas qu’il s’agisse de l’échec du gouvernement sortant ; mais son erreur a été de ne pas avoir dit la vérité sur la situation du pays. » Et de poursuivre : « Il est temps de réformer l’administration et d’assainir la fonction publique. »

D’après son discours, Youssef Chahed a expressément annoncé : « Si la situation ne s’améliore pas, nous allons vers une politique d’austérité en 2017 » ; cette situation sera-t-elle facile à accepter pour les Tunisiens?

« Dans la mesure où cela devient une obligation, je préfère une politique d’austérité que d’emprunter pour payer les salaires. Les emprunts doivent être réservés à l’investissement et à la création de la richesse, et non à la compensation du budget de l’Etat », répond Rym Mahjoub.

Enfin, interrogée sur la possibilité de savoir si on va connaître le même sort que la Grèce, elle a indiqué : « J’espère que non. Nous n’avons pas le même soutien que celui de la Grèce, celui de l’Union européenne. Et d’ailleurs, on ne peut pas se le permettre non plus. Il faut trouver des solutions parce qu’on est  en train de payer des salaires pour des personnes qui ne font rien. C’est la raison pour laquelle il faut donner l’exemplarité aux Tunisiens. Vous savez la nature du Tunisien est de se sacrifier pour son pays. »

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