Les priorités du prochain gouvernement

tunisiens et espoir économique

Le président d’honneur de l’Ordre des experts-comptables de Tunisie (OECT), Nabil Abdellatif, brosse le portrait du futur chef du gouvernement, de celui de son équipe ministérielle et des défis face auxquels il va se trouver. Interview.

Un profil économique ou un profil politique ?
Nabil Abdellatif s’est prononcé pour un chef de gouvernement maîtrisant la politique et l’ économie. Justifiant ce choix, l’expert-comptable a indiqué que la prochaine phase est la phase socioéconomique par excellence «  vu l’engagement qui lie la Tunisie aux bailleurs de fonds internationaux surtout celui signé par le gouverneur de la Banque centrale qui contient plusieurs contraintes et plusieurs exigences », précise-t-il. D’ailleurs d’autres risques existent (salaires, remboursement de plusieurs dettes en 2017 estimées à 8 milliards de dinars).

Le taux de croissance, quant à lui, ne décolle pas et demeure entre 0,7% et 0,8% alors que la prévision était à 2%. « Relancer l’économie tunisienne est un autre défi qui n’est pas facile à réaliser et qui doit mobiliser l’adhésion de tout le monde », a-t-il précisé.  Pour ce qui est de l’année 2017, il faut se diriger vers l’augmentation du PIB  qui est le seul moyen, d’après notre interlocuteur, pour améliorer les indicateurs qui sont au rouge.

Et quel profil pour les prochains ministres ?
Nabil Abdellatif s’est prononcé pour un gouvernement jeune, avec une forte présence de la femme. « Le prochain gouvernement doit être ouvert sur la société civile », indique-t-il.  A cet égard, il a rappelé que les organisations nationales ont participé au dialogue national.

Pour l’expert-comptable, puisque le besoin s’est fait sentir pour la présence de la société civile lors des discussions de la formation du gouvernement d’union nationale, il n’y a pas de raison qui empêche la société civile d’être présente après sa formation et le commencement de son travail.Le gouvernement devrait être ouvert sur la société civile au vu de sa proximité  avec la situation socioéconomique.

La société civile connaît aussi tous les intervenants. Elle est capable de faire gagner au gouvernement l’adhésion du peuple sur des réformes douloureuses.  Il a rappelé par la même occasion que les données économiques ont changé et la loi  de finances complémentaire n’est pas prête pour le moment, ce qui revient à une perte de temps. «  Pour le moment, nous travaillons avec une loi de finances obsolète », regrette-t-il.  « On veut changer le gouvernement mais on ne pense pas assez à la gouvernance de la Banque centrale », déclare l’expert-comptable.

Et les défis du prochain gouvernement
Le spécialiste  a  souligné l’importance d’un  système d’information permettant au gouvernement de connaître l’information et prendre la bonne décision.  Heureusement l’accord de Carthage n’était pas très détaillé, ainsi le prochain gouvernement sera face à plusieurs priorités »,  dit-il.

Pour sa première année, le prochain gouvernement doit œuvrer à augmenter le PIB, réduire les dépenses publiques sans tomber dans une politique d’austérité à même de susciter des troubles sociaux et traiter l’évasion fiscale et la lutte contre l’économie parallèle.

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