L’attaque de Sousse, un an après : quel bilan?

Il y a un an, le 26 juin 2015, l’attentat terroriste de Sousse frappait le secteur du tourisme, causant la mort de 38 touristes  dont 30 Britanniques et 39 blessés. Mais il est temps de tirer un bilan de ce qui s’est réellement passé. Comment cela a-t-il pu se produire? Y aura-t-il de nombreuses révélations à ce sujet?

Mais voici ce que l’on sait à présent. Et pendant qu’on recherchait  les commanditaires, entre-temps, cinq mois plus tard,  l’organisation terroriste a de nouveau  frappé, au coeur de la capitale, à l’avenue Mohamed V, où une dizaine de membres de la garde présidentielle ont péri dans un attentat-suicide.

Mais récemment encore, en mars 2016, une soixantaine de  terroristes  tunisiens ont essayé de s’introduire dans la ville de Ben Guerdane, située à 560 kilomètr de Tunis, et à  60 kilomètres de la frontière avec la Libye, dans le but de s’en emparer et d’en faire leur fief. Grâce aux forces armées, en collaboration avec les habitants de la région, l’opération a tourné court. Bilan : 58  terroristes abattus.

Pour faire face à ces menaces qui déstabilisent le pays, dont le but manifeste est d’affaiblir les institutions de l’Etat et mettre à mal  le tourisme, le mot d’ordre  est un seul : déclarer la guerre au terrorisme, une guerre sans merci sur tout le territoire national, comme l’ont expressément affirmé le Chef du Gouvernement et le Président de la République .

Pour revenir à l’attentat de Sousse : le porte-parole du Tribunal de première instance de Tunis, Sofiène Selliti, a annoncé la fin de l’enquête  qui a dévoilé l’implication de 46 personnes dont 16 sont entre les mains de la justice.

Que sait-on en définitive de l’attentat de Sousse ? Bassel Torjman, expert  dans les affaires des groupes terroristes dans le grand Maghreb s’exprime  : « Ceux qui ont exécuté l’attaque de Sousse appartiennent à l’organisation terroriste Al Qaïda, et non Daech comme certains le croient.

Par ailleurs, ces terroristes ont été entraînés en Libye, plus précisément au nord-ouest, à Sabrata,  et sous le commandement de Fajr Libya. C’est en partie lui, le responsable direct pour avoir entraîné les exécuteurs. Quant à ceux qui l’ont commandité, une bonne partie d’entre eux se  trouvent encore en Libye ».

« Il existe une étroite collaboration entre les Britanniques et les Tunisiens pour connaître la vérité. Même sur le plan de la Cour internationale, il est tout à fait normal qu’elle  soit saisie  du dossier mais la vraie question demeure : qui se cache derrière ces opérations terroristes ? », s’interroge-t-il.

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Sur le volet sécuritaire, où en sommes-nous?

Il a indiqué: «  Notre propos n’est  pas de pointer du doigt les hauts cadres du ministère de l’Intérieur pour tous ces attentats,  mais de souligner plutôt l’absence de volonté politique de traiter sérieusement le volet sécuritaire, bien que depuis Ben Guerdane,   la situation se soit beaucoup  améliorée.  A preuve  l’opération de Mnihla, qui a permis le démantèlement du dangereux réseau qui s’apprêtait à commettre des attaques dévastatrices dans la capitale et dans certaines régions, telles que Jendouba, quelques jours  avant Ramadan. Mais aussi   l’arrestation du terroriste Adel Ghandari qui était surveillé lors de ses déplacements depuis la Libye jusqu’à son arrivée en Tunisie. La lutte contre le terrorisme doit donc se  poursuivre car la menace existe encore”.

Au final, mettre en place une stratégie nationale permettrait de mieux lutter contre le terrorisme, en développant  un cadre stratégique.  Mais cela dit,  dans un contexte d’urgence dans lequel le pays est plongé, la lutte contre le terrorisme est l’affaire de tous.

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