L’indice de la Bourse ne reflète ni la situation du marché ni de l’économie

Fadhel Abdelkefi L'Economiste Maghrébin

Fadhel Abdelkefi, Dg De Tunisie Valeurs a été l’invité du notre magazine le Manager. Le Dg de Tunisie Valeurs a, entre autres, procédé à  l’évaluation du premier semestre 2016. Extraits…

« Le contexte économique est difficile. Malheureusement, nous ne pouvons nous limiter à la seule évolution de l’indice de la Bourse. Celui-ci ne reflète ni la situation du marché ni de l’économie de manière gé­nérale.

Le budget de l’Etat a grimpé de 18 milliards à quasiment 30 milliards de DT en 5 ans, grevé par la chute des revenus fiscaux et du déclin des revenus du phosphate. Le pays a clairement rompu avec les équilibres économiques. En témoignent les évolutions des principaux indicateurs de commerce extérieur, des changes, d’investissement public et privé, de croissance. A la Bourse de Tunis, l’évolution de l’indice est certes positive mais les volumes baissent d’une année à l’autre.

La dynamique de l’offre s’est rétrécie d’un coup en 2016. Il n’y a pas eu de déclic intellectuel, émotionnel, ni de déclarations fortes à même de booster le marché. Certes, il y a eu la visite du Chef du gouvernement qui a annoncé l’arrivée probablement de gros capitaux sur le marché. En attendant, le marché reste assez léthargique.

Nous ne pouvons qu’applaudir de prime abord mais nous attendons l’implémentation. La Tunisie n’a pas une véritable courbe de taux. Les BTA et les Sicav ne se valorisent pas en mark-to-model ou en mark-to-market, ils se valo­risent en sorte de revenus permanents au mépris du comportement réel des taux. Il y a aussi l’absence d’un marché obligataire secondaire dynamique.

Les carences sont là. Et le potentiel est énorme. Si les différents intervenants se mettent autour d’une table – Etat tunisien, banquiers, commerciaux, intermédiaires en Bourse, investisseurs institutionnels, Banque centrale -, et concoctent un mas­ter plan sur 5 ans pour atteindre un objectif, par exemple 150 sociétés cotées, où la capitalisation serait à 75% du PIB, la place prendrait son envol, j’en suis persuadé ».

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