Et si on parlait dette ?

l'endettement de la Tunisie

Dans le cadre d’un débat organisé, ce matin, par l’Association «Ifrikiya pour le dialogue économique», Fadhel Abdelkefi, DG de Tunisie Valeurs, Ali Kooli, DG d’ABC Bank et Mehdi Sethom, Managing Partner de Mediterranean Corporate Finance, sont revenus sur la problématique de la dette tunisienne.

dette

A cet égard, M. Sethom a affirmé que la dégradation réelle de la dette publique en Tunisie depuis l’année 2010 est due à plusieurs éléments. De ce fait, il est temps de réfléchir autour de solutions fiables pour pouvoir maîtriser cette situation et garantir le paiement de nos échéances.

Pour ce faire, il a indiqué qu’il n’y a pas de solution alternative sur le court terme autre que celle de s’endetter davantage et de payer la dette par la dette, et par conséquent cette dernière est condamnée à s’aggraver un peu plus. Le taux d’endettement est aujourd’hui de 57% du PIB et nous ne sommes pas loin du seuil alarmant de 60%.

Pour le moyen et long termes, l’économie tunisienne est très jeune, disons même adolescente, et elle a du potentiel à pour s’ouvrir sur l’économie internationale. On devrait, donc, mettre en place un plan préventif de réflexion sur l’amélioration des capacités de l’Etat à tenir ses engagements financiers et à créer de la croissance. Tel est le cas de la Grèce.

Parmi les mesures à prendre sur ce plan, Mehdi Sethom a préconisé d’opter pour l’augmentation de la TVA visant l’amélioration des recettes fiscales, de gérer le problème des retraites et d’élaborer un vrai plan de cession d’actifs…

De son côté, M. Abdelkefi a précisé que la dégradation de la dette tunisienne est l’une des conséquences des décisions prises durant les cinq dernières années. Mais il n’ y avait pas, selon ses propos, la possibilité de faire autrement, surtout face aux fortes revendications sociales résultant de l’instabilité du gouvernement.

Ceci s’explique par un budget de l’Etat qui est passé de 18 milliards de dinars en 2010 à 29 milliards de dinars aujourd’hui, vu que les revenus ont baissé et les salaires de la fonction publique ont augmenté. Ce qui a doublé la dette qui est répartie, aujourd’hui, entre 2/3 de dette extérieure et 1/3 de dette intérieure. S’ajoute à cela, le déficit des caisses sociales qui n’arrête pas de se creuser.

De ce fait, Fadhel Abdelkefi a recommandé de  décortiquer la dette pour garantir sa soutenabilité.

Aujourd’hui, on a deux manières pour contrôler la situation, soit on va subir les conséquences soit on va se mettre autour d’une  table et réfléchir aux solutions immédiates parce qu’on n’a plus de marge de manœuvre. Il faut donc oser la privatisation  pour maîtriser la dette et rembourser nos échéances, tel était le cas en 2010 avec la privatisation de Tunisie Telecom et des cimenteries face à un taux d’endettement de 65%.

Dans le même sillage, M. Kooli a souligné que la dynamique de la dette tunisienne a doublé sans prendre des mesures pour arrêter cette hémorragie qu’on n’arrive plus à  maîtriser aujourd’hui.

A ce stade, n’importe quelle mesure, même si elles seront efficaces, on va continuer à souffrir durant un certain nombre d’années avant de résoudre le problème d’endettement.

D’ailleurs, malgré l’augmentation de 50% des recettes fiscales ces dernières années, cela reste insuffisant parce que les dépenses incompressibles augmentent.

C’est vrai, selon ses termes, que la dette va croître dans le court terme mais ne sera pas insoutenable.

Il faut seulement savoir la gérer, et ce, en misant sur notre capacité d’investir qui est le seul levier qu’on ne doit pas  toucher et sur l’augmentation de notre PNB et notre revenu.

Il faut également prendre des mesures courageuses pour augmenter la croissance. L’Etat doit, à cet égard, faire son entreprise de nettoyage, notamment au niveau de l’administration, de redéploiement des Tunisiens pour travailler, du grand travail de la dette, d’impulsion de l’investissement…

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