L’ouverture du capital favorise le renforcement de la capitalisation de la place de Tunis

entreprises cotées en bourse -L'Economiste Maghrébin

«Le plus grand challenge qui se pose aujourd’hui aux entreprises familiales est de trouver un financement que la famille ou la banque ne peut pas fournir. La solution consiste dans la construction d’une holding ou d’une société mère pour garantir la consolidation et la pérennité de ces entreprises», a déclaré Bilel Sahnoun, DG de la Bourse de Tunis, à l’ouverture du colloque organisé ce matin sur le thème «Accès au marché et pérennité de l’entreprise».

Cette structure de holding a beaucoup d’avantages, notamment l’avantage fiscal qui permet de restructurer le groupe et le préparer à bénéficier d’une introduction en Bourse. Cette dernière qui est, selon ses termes, un acquis d’ordre stratégique, offre la notoriété qui permet d’envisager un nouveau partenariat, de renforcer les fonds propres et de libérer l’entreprise du dilemme de financement familial et bancaire.

Elle lui donne également accès à toute la gamme de produits offerts par le marché financier visant à augmenter ses ressources financières.

Et vu que les entreprises tunisiennes doivent se renforcer, se renouveler et s’internationaliser, l’introduction en Bourse leur offre le financement non pas en contrepartie de garantie réelle, mais en contrepartie d’une vision stratégique claire, d’une organisation adéquate, d’une gouvernance ouverte sur l’investisseur actionnaire, hors périmètre familial.

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Elle leur permet de satisfaire l’ensemble des besoins de financement à travers d’autres moyens, comme les emprunts obligataires, l’accès au financement par la notoriété, en facilitant l’élargissement des horizons et le déploiement à l’international.

Bilel Sahnoun a affirmé, dans le même ordre d’idées, que l’accès des holdings et des groupes au marché financier permettra d’alléger considérablement la pression sur le système bancaire qui pourra orienter davantage de fonds pour financer la PME, constituant le principal pourvoyeur d’emplois, et il réduit l’exposition des banques aux risques de défaut de paiement.

En plus de la levée des fonds propres et d’emprunts obligataires, il existe un autre moyen capable d’alléger cette pression. Il s’agit de développer l’intermédiation financière, en favorisant l’émission par d’autres acteurs que les banques, notamment par des produits structurés comme les produits de cotisation.

Le marché financier est également capable de soulager le budget de l’Etat dans le financement des entreprises publiques. «Une ouverture même symbolique du capital ne peut qu’agir favorablement sur la gouvernance et la performance des entreprises et des levées des fonds, permettant de renforcer la capitalisation de la place boursière qui constitue l’un des critères majeurs examinés par les investisseurs étrangers pouvant apporter, eux-mêmes, des fonds en Tunisie.»

Face à la taille du marché financier tunisien qui n’est pas susceptible d’intéresser l’investisseur étranger, le responsable a affirmé qu’il demeure nécessaire de multiplier par cinq la capitalisation boursière.

Dans ce sens, la Bourse de Tunis a pris l’initiative conjointement avec Paris Europlace, de favoriser la création d’une structure représentative des acteurs du système financier tunisien. Cette structure regroupera et recherchera l’intérêt des entreprises cotées, des professionnels, des banques et des  sociétés d’assurances. Elle favorisera leur visibilité et leur déploiement à l’international, notamment en Afrique.

Dans le même sillage, Slim Chaker, ministre des Finances, n’a pas manqué de souligner que son département est ouvert à toute proposition de la part des responsables de la Bourse de Tunis, y compris celle relative à l’ouverture du capital de la place de Tunis à des institutionnels et des investisseurs privés, afin de permettre à la Bourse de mieux jouer son rôle d’acteur dans le financement de l’économie, et contribuer à l’attrait du site Tunisie aux investisseurs aussi bien locaux qu’étrangers.

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Par ailleurs, il a fait savoir que les cinq propositions faites par le directeur général de la Bourse au Chef du Gouvernement visant à développer le marché financier ont été prises en considération par le ministère.

Et de rappeler que ces propositions se résument comme suit :

  • Renforcer les incitations fiscales pour encourager l’entrée en bourse et le financement à long terme par le marché;
  • Inciter les institutionnels, notamment les compagnies d’assurance, à investir sur le long terme dans des actifs financiers;
  • Recourir au marché financier pour les besoins de financement des collectivités et des entreprises publiques, et recourir au marché financier pour le financement de projets de partenariat public privé;
  • Poursuivre le processus de déplafonnement des investissements étrangers dans les sociétés cotées et accroitre les IDE en portefeuille, qui ne sont actuellement que de 26% de la capitalisation boursière comparé à plus de 50% dans les places arabes;
  • Ouvrir le capital d’entreprises publiques prometteuses qui ont besoin de restructuration ou de financement pour leur permettre de profiter des avantages du marché financier.

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