Endettement extérieur : s’endetter au détriment de qui?

dette publique bilatérale

La question de l’endettement extérieur agite, depuis la révolution de 2011, l’opinion publique quant à son impact et ses conséquences sur l’investissement, l’emploi, la création de la richesse et la qualité de la vie des Tunisiens, ainsi que des futures générations. Pour le professeur universitaire et expert auprès de l’UGTT, Abderrahmane Lagha, la situation de l’endettement en Tunisie demeure maîtrisable et gérable.

Analysant l’endettement extérieur de la Tunisie, le professeur universitaire et expert auprès de l’UGTT, Abderrahmane Lagha, a indiqué que le taux d’endettement en tant que tel ne veut rien dire. D’après lui, les taux d’endettement évoqués par les spécialistes et les médias sont des moyennes empiriques, observées à l’échelle internationale.

“Le problème n’est pas le taux d’endettement, mais plutôt ce qu’on fait avec la dette”, remarque-t-il. Le taux d’endettement dépend d’autres paramètres selon ses dires.  “Si nous arrivions à relancer notre économie, le taux d’endettement baisserait puisqu’on va augmenter notre PIB. Ainsi, en augmentant le PIB, le taux d’endettement diminuera en conséquence”, explique-t-il.

L’universitaire a indiqué qu’en gardant le même taux d’endettement, il est impératif de réaliser une croissance assez élevée. Abderrahmane Lagha a appelé à prêter attention à la structure de la dette parce que l’ensemble de la dette tunisienne est une dette en devises, rappelle-t-il. “Il faut améliorer les performances des principaux indicateurs de l’économie tunisienne comme la balance commerciale et les secteurs sources de devises comme le tourisme, l’exportation, le phosphate et l’agriculture.

“Nous devons agir sur ces secteurs pour préserver nos réserves en devises“, dit-il. Si l’économie tunisienne ne redémarre pas et n’affiche pas les indicateurs d’avant 2010, des problèmes surgiront à court terme quant au remboursement de la dette.

Interpellé sur le rôle du recouvrement des dettes des banques publiques et la lutte contre l’évasion fiscale comme moyen de financement du budget au lieu de s’endetter, Abderrahmane Lagha a indiqué que  “l’Etat doit créer un espace fiscal. En Tunisie, il existe une iniquité quant à la collecte d’impôts et le recouvrement de la dette publique est faible”.

Pour lui, si l’Etat fait le nécessaire en créant un espace fiscal, en recouvrant la dette auprès des agents économiques, cela peut être une solution parmi d’autres. “Le montant des dettes que l’Etat doit recouvrer s’élève à neuf milliards de dinars dont une partie n’est plus récupérable”, avance-t-il.

“La situation de l’endettement demeure maîtrisable et gérable, mais elle est sujette à une condition, à savoir la relance économique et la réalisation d’un taux de croissance assez respectable”. Et d’ajouter : “Quand l’Etat ne trouve pas un espace fiscal pour honorer ses engagements, le gouvernement devient obligé de réduire ses dépenses. Généralement les dépenses les plus faciles à toucher sont celles relatives à l’investissement. Dans un climat social tendu, il est difficile de réduire les compensations. Le budget alloué à l’investissement public sera touché”, regrette-t-il.

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