Printemps arabe : Où va le monde arabo-musulman?

monde arabo-musulman

Comment expliquer ce qui se passe dans la région arabe depuis 2011? Comment expliquer ce chaos qui souffle sur notre région? Comment expliquer ces guerres qui embrasent aujourd’hui notre région? Que se passe-t-il alors qu’avant Janvier 2011 les pays arabes sous des régimes autoritaires étaient pratiquement des havres de paix?

En Tunisie, en Egypte, en Syrie, en Libye, au Yémen, partout la même situation politique et sécuritaire était stable. Une révolution s’est amorcée en Tunisie le 17 décembre 2010 et s’est rapidement transformée en un tsunami qui s’est étendu aux autres pays arabes, avec un soutien généreux et incontestable de l’Occident. Difficile d’imaginer un tel scénario qui a réussi à bouleverser l’ordre politique de notre région.

Que s’est-il passé pour que ce processus surprenant n’ait pas encore touché la monarchie? Le temps n’est-il pas encore venu? Que cacherait la guerre qui s’est déclenchée entre le Royaume de l’Arabie saoudite et les Houthistes au Yémen? Pourquoi les Etats-Unis ne s’engagent-ils pas clairement au côté de l’Arabie saoudite, comme ils l’ont fait auparavant dans la guerre de l’Irak? Que se passe-t-il au Liban? Nouvel épisode chaotique, nouvelles donnes dans le monde arabe, doit-on conclure? Que préparent-ils pour notre région?

Il faut connaître les vrais raisons qui ont beaucoup de signification dans cette transformation à la folie du monde arabo-musulman.

Tout ce qui se passe autour de nous, confirme que le monde n’est pas construit fortuitement, chaotiquement. Aussi étrange que cela puisse paraître, l’existence et le destin de l’être humain sont étroitement liés au but de l’existence même de l’univers.

Personne n’a compris le mystère du destin de l’humanité, car personne n’a pu mettre en pratique le trésor que, nous les musulmans, possédions depuis quatorze siècles : le Coran, … Nous nous sommes égarés sur le chemin de la vérité, … beaucoup même et nous sommes en train de subir nos torts.

Toutes les réponses à nos questions se trouvent dans le Coran. C’est la sagesse de Dieu tout puissant qui veille sur l’humanité, qui détient le secret et le destin de l’humanité, mais nous y sommes aussi responsables de notre devenir. En refusant d’être humbles pour obéir aux commandements du Coran, nous n’avons pas reçu l’esprit que Dieu donne à ceux qui lui obéissent, cet élément supplémentaire qui donne accès à la sagesse de Dieu et qui permet de comprendre le mystère de la destinée humaine, caché depuis la nuit des temps.

Sans parler de la religion ou du Coran, où tout est indiqué clairement, la science à laquelle l’humanité est arrivée aujourd’hui est suffisante pour le pousser à réfléchir sur le sens de l’existentiel. D’ailleurs la science, d’où est-elle venue?… De la pensée de l’Homme?

Il y a une limite à l’esprit de l’Homme; et l’essence qui y est contenue et qui a véhiculé l’esprit scientifique dans la pensée des savants n’est pas identique pour chaque homme. Et ici il est question du contenu de l’essence véhiculé et non de l’essence même, une question pertinente.

La science est faite pour les hommes et non pas par les hommes, pareil pour l’Etat. L’Etat a structuré l’humanité en la faisant évoluer du clan à la tribu, de la tribu à la monarchie, et de la monarchie à l’Etat. La science a structuré l’humanité en la faisant évoluer de la pierre taillée à la pierre polie, de la pierre polie à la découverte du feu, du feu à la découverte de l’écriture, de l’écriture aux révolutions agricoles, industrielles, nucléaire jusqu’à la numérisation du monde.

Sans l’Etat et la science, il n’y aurait pas eu d’humanité, l’homme serait resté un animal préhistorique

Ceci paraît inconcevable, mais n’élude pas le bien fondé et la pertinence de se poser des questions sur l’humanité. Il est impossible qu’un événement d’ordre politique, économique, géopolitique ou autre ne soit sans sens dans le développement de l’humanité. Tout événement qui se manifeste aujourd’hui dans une région donnée a directement ou indirectement des répercutions sur d’autres régions et s’inscrit forcément dans une logique asservie.

Il s’inscrit dans la perspective même du devenir du monde, ce qui le plus souvent n’est pas perçu par le peuple arabo-musulman, parce que tout simplement leurs dirigeants en sont entièrement responsables.

Ce mystérieux devenir n’est que le destin qui, pour un instant donné, connaîtrait toutes les forces dont notre environnement est animé et la situation respective des variables et paramètres qui le composent, si, d’ailleurs, il était assez vaste pour soumettre ces données à l’analyse, embrasserait dans la même équation un nombre indéterminé de données à forte corrélation jusqu’à celles à faible corrélation.

Rien ne lui serait incertain, et l’avenir comme le passé, seraient présents à ses yeux. Faute de foi, de volonté, de stratégie, de rigueur, de moyens, le peuple arabo-musulman subit ces forces avec son consentement et parfois sans qu’il prenne conscience des desseins cachés dans ses actes. Le mal comme les guerres, les conflits, seraient alors nécessaires pour jouer pour le bien, en vue du bien, mais c’est le plus fort, le plus averti qui savoure son succès.

Depuis des décennies, les évènements qui se succèdent offrent l’image d’un monde arabe sombrant dans la violence et le fanatisme, et nous en sommes complices et responsables. Une histoire déshonorante faite d’expéditions militaires et de colonisations brutales, de promesses trahies et de manœuvres diplomatiques, une histoire de soutien à des dictatures féroces ou à des régimes obscurantistes, mais tous riches en pétrole.

Comme si une malédiction frappait nos peuples; de l’expédition de Bonaparte en Égypte en 1798, à l’interminable conflit israélo-palestinien aux guerres d’Irak et de Syrie, au Printemps arabe… En Syrie et en Irak avec la constitution d’un califat islamique, l’Etat Islamique, qui s’est allié avec les forces rebelles en Syrie, visait à reconfigurer la carte politique de la région dans la création de trois ou quatre entités nationales, … ‘’bénévolement’’ pour le compte du mouvement sioniste mondial.

Dans les autres pays, des attaques terroristes ont frappé l’Egypte et l’Algérie. En Libye, la filiale locale de l’Etat Islamique arrive en force et se manifeste d’ores et déjà sous forme d’exécutions en masse des infidèles. En Afrique subsaharienne et centrale, la situation est aussi très instable. Boko Haram, qui a proclamé un califat islamique, menace par ses attaques toute la région et projette de semer la désolation et le chaos sur l’ensemble du continent africain. Le même processus se joue dans la péninsule arabique; une coalition, formée de monarchies arabes et de l’Egypte et du Soudan, procède depuis avril 2015 à des attaques aériennes sur les places fortes des Houtistes au Yémen, en particulier sur Sana, la capitale yéménite.

Tous ces faits et armes indiquent que ”le monde arabe est entré en folie”, et il déteint par sa folie sur sa périphérie. Ce qu’oublie le mouvement sioniste mondial, ainsi que nos dirigeants, c’est l’harmonie de la terre, de la création et de l’organisation de l’humanité. La Terre elle-même choisit ses êtres et leur donne une langue, jusqu’à l’intention même du parler, c’est-à-dire l’accent.

Le séparatisme comme méthode de gouvernance mondiale  pour gouverner le monde arabo-musulman par le chaos

Chacun de ces trois acteurs, anglo-saxon, sioniste, wahhabite, travaille à son destin impérial et fusionne sur certains points. Ils sont totalement connectés sur le plan des intérêts, notamment en raison d’agréments et de contrats énergétiques, financiers ou d’armement (le pacte du Quincy de 1945, conclu entre les USA et l’Arabie Saoudite).

Cette connexion est similaire aux nœuds borroméens : la disparition de l’un entraînerait dans sa chute la disparition des deux autres, ou du moins compliquerait leur existence et entraverait gravement leurs chances de survie à long terme.

Malgré leurs liens, chacun des trois possède ses propres dynamiques et intérêts internes, indépendants de ceux des autres. Leur coalition est donc fragile et est parcourue de fractures actuelles et potentielles. On devine leur acharnement à faire disparaître leur ennemi commun : l’État-nation. Leur objectif: la destruction totale et sans retour de l’État-nation, ainsi que de toute forme de dignité, de souveraineté populaire, de service public et de protectionnisme aux frontières. Le jour où ils arriveraient à leur objectif, ces trois impérialismes se retourneraient les uns contre les autres pour la dernière étape de la compétition dans une phase de destruction mutuelle pour la domination exclusive du monde selon l’adage: “Il ne peut en rester qu’un.”

Leur objectif est de prétendre à la totalité et à l’englobement. Ils récusent le principe même de frontières fixes, qui rétablissent un extérieur, donc une altérité, donc un contre-pouvoir et ils soutiennent toujours le sans-frontiérisme, ainsi que toutes les structures du Capital : les multinationales, les transnationales et les supranationales.

Ils finiront par échouer parce que tout simplement ils ont choisi le mauvais chemin.

L’obstacle à surmonter réside dans le concert des nations multiples et aux frontières intègres réintroduisant de l’extériorité et empêchant une tutelle unifiée; leur handicape loge dans le nationalisme et la multipolarité. L’islam, avec sa tolérance, avec son ouverture à l’égard de toutes les sciences, avec son ouverture à l’égard des juifs, des chrétiens et des adeptes des autres convictions, est l’unique moyen de nous unir. Parce que l’Islam est une religion universelle intemporelle qui a pour objectif de susciter et de cultiver en l’homme la qualité et l’attitude de l’Islam. L’Islam est en fait un attribut. Celui qui le possède est appelé musulman, de quelque race, communauté, pays ou clan qu’il vienne…

Cette triste histoire qui a fait le malheur de nos peuples ne doit pas faire oublier une autre histoire, largement méconnue: une histoire d’émancipation intellectuelle, celle des ”Lumières Arabes”, mais aussi une histoire d’ébullition démocratique et de révoltes sociales, souvent écrasées dans le sang. Autant de tentatives pour se libérer du joug occidental et de l’oppression des despotes, afin de pouvoir, enfin, écrire sa propre histoire.

Pour encourager le changement positif dans notre monde arabo-musulman vers une plus grande démocratie, une plus grande modernité et une digne compatibilité avec le nouvel ordre mondial contemporain, nous avons besoin de considérer chaque élément avec beaucoup d’attention: les tendances et les forces internes qu’externes à notre égard que les forces sionistes entendent imposer; quels sont vraiment les buts et les valeurs des divers alliés potentiels et protégés du mouvement sioniste; quelles seraient les conséquences plus larges dans l’avancement de leurs projets respectifs.

Bref, s’opposer au vaste programme sioniste d’ingénierie sociale visant à introduire dans l’islam des clivages et des fractures obéissant aux intérêts sionistes.

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