CGC – Hezbollah : pourquoi la Tunisie s’implique-t-elle?

Rien ne va plus entre le mouvement chiite libanais Hezbollah et l’ensemble des monarchies arabes du Golfe, depuis que le chef du mouvement Hassan Nasrallah a accusé l’Arabie Saoudite, lors du Conseil de coopération du Golfe (CCG), d’être responsable des confrontations entre sunnites et chiites.

Or, dans le sillage de cet affrontement, les tensions montent d’un cran. A son tour le Conseil des ministres arabes de l’Intérieur, à l’issue d’une réunion tenue hier à Tunis, a indiqué dans un communiqué rendu public que les actions du Hezbollah sont considérées comme des actions terroristes. Le communiqué ajoute que le mouvement Hezbollah déstabilise la paix sociale dans certains pays arabes.  Pourtant, certains pays arabes, l’Algérie et le Liban, ont voté contre cette décision, alors que l’Irak aurait émis des réserves.

Pourquoi la Tunisie devrait-elle s’impliquer dans la politique d’un autre pays ? N’est-il pas aberrant que la diplomatie tunisienne effectue un retournement de 180 degrés? A une époque donnée, considérée comme un âge d’or, la diplomatie tunisienne gardait une certaine neutralité. Mais après le 14 janvier, la diplomatie a choisi un autre camp, celui de prendre des positions qui dérogent aux règles d’autrefois, en s’alliant par exemple avec l’Arabie Saoudite, chose qui était impensable sous le régime du leader Habib Bourguiba.

Dans une déclaration sur les ondes d’Express fm, le ministre des Affaires étrangères, Khmaies Jehinaoui, a fait savoir que « la Tunisie n’est pas concernée par cette affaire » (la décision du Conseil des ministres arabes de l’Intérieur, NDLR).

Mais les commentaires des Tunisiens vont bon train. Dénonçant les prises de position de la diplomatie tunisienne, les internautes ont très vite réagi via les réseaux sociaux, avec des statuts comme « la position de la Tunisie ne me représente pas », ou encore d’autres statuts qui critiquent ouvertement la diplomatie tunisienne.

Pour rappel, le mouvement Hezbollah représente une force politique assez importante au Liban. C’ est aussi un acteur clé dans le paysage politique du pays et il est aussi connu pour son mouvement de résistance à l’occupation israélienne. Fondé en 1982, il est soutenu par l’Iran.

Interpellé par leconomistemaghrebin.com Ahmed Ounaies, ancien ministre des Affaires étrangères, a déclaré: “Cela fait cinquante ans qu’Israël occupe les territoires palestiniens. Cependant, ce qu’a fait le mouvement Hezbollah comme actes de résistance contre Israël, n’est autre qu’une action légitime et un honneur pour les arabes. C’est une décision que personne ne devrait commenter. Cela dit, on connaît déjà les réserves des Européens et leurs critiques à l’égard des actions menées par le Hezbollah. Or le Hezbollah a su faire face à Israël, ce que les autres pays arabes n’ont pas réussi à faire. Je souligne une fois de plus que le plan d’action du mouvement est tout à fait légitime ».

Il ajoute: “La Tunisie depuis fort longtemps n’a jamais été neutre quand il s’agit de la résistance contre la colonisation. Elle a toujours défendu la cause de la résistance. Mais ce qui s’est passé à cette réunion des ministres arabes de l’Intérieur et cette décision je n’ai pas réussi à la comprendre”.

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