Colonel-major Mokhtar Ben Nasr: « Les cartes sont jouées d’avance en Libye »

Libye

Faut-il agir militairement en Libye pour s’attaquer à l’organisation terroriste Daech qui est en train de s’enraciner dans plusieurs villes libyennes? Les Occidentaux se rendent-ils compte des conséquences d’une telle intervention? Cette démarche servirait quels intérêts?

La situation est préoccupante en Libye depuis que Daech essaie par tous les moyens d’avoir la mainmise sur les puits pétroliers, en même temps que le vide politique se ressent de plus en plus, en partie à cause de l’existence de deux gouvernements rivaux.

Pour Mokhtar Ben Nasr, Colonel-major à la retraite, l’intervention militaire est une évidence. « Je sais qu’il y a des préparatifs en cours, et que l’action militaire devient de plus en plus imminente ».

Il poursuit : « Il va y avoir certainement des bombardements, des cibles bien précises sur des installations de Daech, dans la zone de Derna et de Syrte. Mais je crois aussi qu’il y aura une action élargie pour atteindre tous les groupuscules armés. Je pense aussi que le plan d’action sera d’intervenir militairement sur le plan terrestre, car le problème ne peut pas être réglé autrement, du moment qu’il y a un grand désordre dans la zone. En effet, il est très difficile de savoir qui fait quoi, ou encore de savoir quelle organisation contrôle  les zones d’intervention. »

Et d’ajouter: « Les Occidentaux, s’ils veulent réellement aider la Libye, devraient appuyer la formation d’un gouvernement d’union nationale, avec à sa tête Fayaz Sarraj, ou  renforcer l’armée libyenne par exemple, sans passer par une intervention militaire. Il est clair que le conflit en Libye ne se résoudra pas du jour au lendemain. »

Abordant la question de savoir si les frontières tunisiennes sont protégées, le colonel-major répond par l’affirmative, en soulignant : « Il y a un dispositif militaire et sécuritaire installé depuis longtemps et qui a été renforcé ces derniers jours à différents niveaux : des reconnaissances aériennes, une activité intense, des entraînements, des opérations anticipées comme les évacuations, le déploiement des unités de santé pour pouvoir agir rapidement en cas d’intervention et prendre en charge plusieurs blessés à la fois. »

Il ajoute : « Tout ceci entre dans une dynamique de la préparation en cas d’attaque, par notamment le regroupement des forces dans des lieux bien déterminés. Concernant notre dispositif, il est consistant au niveau de la zone tampon militaire. »

« Personnellement la solution est claire. L’idéal est de ne pas intervenir militairement et d’éviter ce coup à la Libye, mais plutôt de soutenir le gouvernement provisoire et lui permettre d’avoir la force nécessaire sur le plan sécuritaire et militaire pour pouvoir s’imposer sur le terrain. Mais sur le plan géostratégique, on sait d’ores et déjà que les cartes sont jouées, il y a en effet des préparatifs bien que les Occidentaux ne veuillent pas l’annoncer maintenant, parce qu’ils veulent avoir l’appui des Nations unies« , souligne-t-il.

« Quant au gouvernement libyen, qui pour l’instant n’a pas été formé, il a besoin en l’occurrence d’une aide de la part des Nations unies », conclut-il.

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