Fayçal Chérif : « Aujourd’hui la société civile doit montrer sa solidarité avec les forces de l’ordre »

Quelles seront les retombées de l’attaque terroriste du 24 novembre sur le plan politique, économique, socioéconomique? Joint par téléphone, l’expert militaire Fayçal Chérif nous livre sa pensée sur les retombées de l’attentat.

Il déclare: « Nous ne devons jamais oublier que nous sommes en guerre contre le terrorisme. »

Interrogé sur l’état d’urgence il nous déclare: « Aujourd’hui, nous avons un réel problème, parce que nous appliquons l’état d’urgence qui date de la loi de 1978 qui comporte différents degrés. Il faudrait que nous soyons au degré 4. Or, nous constatons en ce moment que les mesures sécuritaires ne sont ni adéquates ni à la hauteur de la gravité de la situation, ce qui ne facilite pas le travail des forces de l’ordre et de l’armée ». Et de poursuivre : « Il faut se rappeler qu’en 1978, il ne s’agissait pas d’une attaque terroriste dont la Tunisie avait été victime, mais plutôt de grèves, et que ce n’était pas non plus la même époque ».

Sur le plan politique, il déclare : »Il faudrait qu’on arrête avec les conflits des partis politiques, qu’on retourne aux véritables problèmes socioéconomiques. Si nous devons avoir une stratégie, elle doit d’abord s’attaquer aux sources qui sont sociales,socioéconomiques et culturelles. Aujourd’hui, on ne donne aucun relais à ces jeunes, aucun enseignement de valeur, ils sont malheureusement des laissés-pour-compte, ils n’ont plus de rêve, ils s’orientent vers la culture de la mort. Pour cultiver la vie, il faut donner un projet, donner les moyens aussi. »  Il renchérit: « Comment voulez-vous qu’un jeune réagisse quand il a envie de jouer et qu’il ne trouve aucun parc de loisirs aux alentours? Comment voulez-vous que ce jeune rêve, c’est un réel problème de fond? ».

Et de continuer : « Je pense que l’état d’urgence sera prolongé sûrement, l’application de ces mesures sera stricte, mais le véritable problème se situe au niveau de la remise sur pied des services de renseignement. Quand on parle de degré de vigilance sécuritaire ce n’est rien, il nous faut de l’information. Si on avait l’information, on n’en serait pas là. C’est pour cela qu’il faut prévoir, anticiper. Il faut que nous ayons un pôle de renseignement, dans tous les domaines, dans tous les ministères, afin de détecter les menaces, la criminalité et surtout d’anticiper les événements ».

Et de conclure : « La société civile aujourd’hui doit montrer sa solidarité avec les forces de l’ordre et ne jamais jouer la division, pour ne pas faire le jeu des terroristes. Il faut faire très attention à la subtilité de cette propagande perverse, il faut leur montrer que la solidarité s’exerce à tous les échelons et que tous les Tunisiens sont concernés. Les terroristes ne font pas partie de ce peuple, de ce pays, ni de sa géographie, ni de son histoire, et c’est cela le message que nous devons adresser aujourd’hui et c’est bien que le festival des JCC continue. Il est temps de leur montrer partout que la Tunisie aime la vie et non la mort que les terroristes cultivent ».

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