Tunisie : vers une stratégie de mise en œuvre du secteur des services

«L’amélioration des services destinés aux entreprises ou aux investisseurs», tel était le thème du déjeuner-débat organisé par la chambre de commerce et d’industrie tuniso-néerlandaise, sous le parrainage de la société Vivo Energy Tunisie, en présence de Michaela Dodini, chef de section commerciale à la délégation de l’Union Européenne, Hans van Vioten Disservelt, ambassadeur du Royaume des Pays-Bas à Tunis, Mark Liebster, président de la chambre, Elyes Ben Ameur, chef du cabinet du ministre du Commerce, Mohamed Chaabouni, PDG de Vivo Energy, ainsi que des opérateurs dans le secteur des services et des représentants des médias.

«Se pencher sur la qualité des services destinés aux entreprises et aux investisseurs est un acte primordial pour garantir une économie forte et prospère», a déclaré M. Vioten Disservelt, soulignant que pour ce faire, il importe de luter contre le terrorisme et préserver la démocratie.

Dans ce sens, l’ambassadeur a fait savoir que le Royaume des Pays-Bas continue à soutenir le processus de transition économique en Tunisie, et ce, à travers la participation dans l’élaboration et l’exécution des programmes de mise à niveau et de réformes dans différents secteurs d’activité, dont le nouveau code d’investissement. Ces programmes sont, selon ses dires, dédiés au renforcement de l’économie tunisienne et au soutien de la société civile, notamment, au niveau de la gouvernance locale et du respect des droits de l’Homme, tout en garantissant une Tunisie meilleure, démocrate et prospère.

De son côté, Liebster a mis l’accent sur la nécessité d’améliorer les services à travers la création des synergies entre les investisseurs, et ce, dans le but de trouver des solutions pour identifier et réaliser leurs projets.

S’inscrivant dans ce cadre, les négociations sur l’Accord de libre-échange complet et approfondi ( ALECA ) entre la Tunisie et l’UE, ont été lancées, le 13 octobre 2015, ayant pour objectif l’intégration progressive de l’économie tunisienne dans le marché unique de l’UE. Ils visent à compléter et approfondir la zone de libre échange pour les produits manufacturiers mis en place suite à la signature de l’Accord d’Association signé en 1995.

Par le billet de cet accord, l’UE veut, selon Mme. Dodini, marquer son soutien aux réformes politiques et économiques de la Tunisie, en allant au-delà de la libéralisation des échanges commerciaux et de la suppression des droits de douane et privilégiant une intégration économique plus étroite.

Ce qui permettra l’amélioration des possibilités d’accès au marché, le climat d’investissement, le soutien des réformes économiques et le choix pour les consommateurs; la possibilité aux entreprises tunisiennes de vendre leurs produits sur le marché européen, mais aussi sur les autres marchés, vu que l’assistance technique de l’UE facilite l’exportation des produits qui ne seront pas conformes aux standards internationaux.

Consciente qu’il y aura des contraintes, l’UE optera dans ces négociations pour le principe de symétrie avec la Tunisie, via l’exigence d’un travail en pleine coopération avec  le gouvernement tunisien et un dialogue constant avec les entreprises tunisiennes et les représentants de la société civile.

Au niveau du secteur des services, la responsable a affirmé que selon plusieurs études, les barrières devant l’amélioration et la mise à niveau de ce secteur sensible et vulnérable sont encore nombreuses. « Pour cette raison, l’ouverture sur de nouveaux marchés et la libéralisation seront bénéfiques pour la maîtrise des coûts, la relance de la croissance durable, le renforcement de la compétitivité, le transfert du savoir-faire et des connaissances, la modernisation de l’activité commerciale…», a-t- elle souligné.

Dans le même ordre d’idées, M. Ben Ameur a indiqué que les négociations sur l’ALECA seront réalisées par étapes sur plusieurs années, via l’élaboration des études et de programmes de mise à niveau pour que ces négociations soient plus approfondies et finissent par la signature de cet accord, tout en tenant compte de l’intérêt de la Tunisie.

Revenant sur le secteur des services, le chef du cabinet a rappelé que ce secteur,  moteur de la création d’emploi de qualité, n’a pas bénéficié de mise à niveau pour se développer et tisser des partenariats.

Aujourd’hui, le ministère du commerce en partenariat avec l’UE, les représentants de la société civile et toutes les parties prenantes, sont en phase d’élaboration d’une stratégie de mise à niveau du secteur des services, par le biais de l’amélioration de la compétitivité, de l’accompagnement des entreprises tunisiennes, de l’encouragement des investisseurs étrangers… pour que ce secteur présente des solutions plutôt que des prestations.

« Cette stratégie demeure nécessaire bien avant la libéralisation et l’ouverture sur de nouveaux marchés européens », conclut-il.

Vivo Energy Tunisie est disposée à identifier des pistes d’amélioration

Pour développer les activités des entreprises tunisiennes dans un contexte économique présentant actuellement de nombreux défis, Vivo Energy Tunisie investit dans la qualité, la sécurité et la diversification de ses produits et services. Elle a été la première à introduire les carburants économiques additivés en Tunisie, pour devenir aujourd’hui la seule à commercialiser Shell FuelSave, malgré l’environnement économique très réglementé dans lequel elle évolue et des prix structurés qui limitent la marge de manœuvre, a annoncé son PDG, Mohamed Chaabouni.

Et d’ajouter que Vivo Energy a récemment accueilli très favorablement la révision de la loi sur la concurrence et les prix, bien que ses attentes soient bien au-delà, pensant qu’il serait opportun d’accélérer le rythme des révisions, en vue de créer un cadre économique propice au développement de la compétitivité, principal vecteur d’innovation et de croissance.

Ainsi, M. Chaabouni n’a pas manqué de dire que ce secteur fait face à de nombreux défis tels que la complexité et la lenteur des procédures d’obtention des autorisations de nouveaux projets, ou, encore, la prolifération du commerce informel créant une concurrence déloyale aux entreprises structurées.

Dans ce sens, Vivo Energy est disposée, selon ses propos, à participer à l’identification des pistes d’amélioration des services à même de se permettre de réussir la transition économique.

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