Tunisie : Consortium d’exportation, un outil stratégique de développement des PME

« Consortium pour l’export : comment réussir une stratégie de groupe ?», tel était le thème de la huitième matinale de l’Export 2015, organisée aujourd’hui par le CEPEX, en présence de Aziza Htira, PDG du CEPEX, Taoufik Chaabane, Chef de projet Consortiums d’exportation – UNIDO, expert en stratégies de développement des entreprises et des réseaux, Gilles Galtieri, expert en développement de consortiums d’exportation-UNIDO, ainsi que des professionnels en la matière.

«Afin d’impulser les exportations tunisiennes et développer les PME, il est impératif d’unir les efforts pour mieux relever le pari de la compétitivité», a précisé Mme Htira, soulignant qu’au sein d’un consortium d’export, ces PME peuvent faire face aux difficultés rencontrées, à savoir le manque de connaissances nécessaires et de moyens financiers, et, par conséquent, se développer à coût et risque réduits.

A cet égard, le concept consortiums d’exportation a été lancé par l’UNIDO et hébergé en Tunisie par le centre technique du CEPEX pour devenir son outil de travail stratégique.

Il s’agit d’une alliance volontaire, stratégique et formalisée, qui ne peut se justifier sans l’existence d’un objectif commun et d’un projet à réaliser en groupe.
Pour mettre en œuvre une stratégie de groupe afin d’accéder à un marché et juger des résultats, les experts ont dévoilé qu’une période de 3 à 5 ans s’impose, avec la nécessité d’une organisation, d’un engagement financier dans le temps et des règles de gestion, ainsi que la création d’une entité juridique (GIE, SARL, SA) qui n’est pas un gage de succès sachant que l’alliance n’a de chances de perdurer que si l’objectif commun-fédérateur est précis, formalisé et actualisé périodiquement.

Consortiums tunisiens et étrangers sous la loupe

Depuis l’année 2000, huit fabricants de composants automobiles ont été pionners d’un consortium cohérent et ont vécu, durant 15 ans, un grand succès pour le noyau qui perdure grâce à leur complémentarité, cohérence d’objectifs (Afrique vs Europe) et de profils au niveau de la taille et la qualité des produits.
Certains cas ont réussi face à d’autres qui ont échoué, soit à cause des objectifs flous et contradictoires, soit pour manque de cohérence au niveau de la taille, de la qualité, de problèmes de proximité, …

Au plan international, l’Italie a créé ses premiers consortiums d’exportation dans les années 1960 pour enregistrer en 2011, environ 400 consortiums, dont 110 sont membres de la Federexport (84,10% des entreprises membres sont des TPE et 15,90% des PME).

En 2015, les membres de la fédération sont passés de 110 consortiums à 60, à cause de la crise financière et la réduction des subventions. Et pourtant, ces consortiums sont devenus plus structurés avec des sources de financement propres, un management indépendant de leurs membres, des marchés acquis à leurs entreprises…

A noter que seules l’Italie et l’Uruguay imposent un cadre légal et incitatif spécifique pour les consortiums.
Pour le cas de l’Espagne, 100 consortiums ont été juridiquement constitués jusqu’à 2011, sous certains critères d’éligibilité, à savoir au moins quatre membres par groupe dont chacun peut posséder au maximum 25% du capital du consortium.
Au vu des exemples cités au plan national et international, les experts préconisent d’adopter cette stratégie de groupe afin de développer les exportations tunisiennes.

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