Conciliant, modéré, serein mais déterminé

Invité à une émission politique spéciale, mardi 16 juin 2015 dès 19h00, sur la chaîne nationale Al Wataniya 1,  le chef du gouvernement, Habib Essid a été interrogé sur plusieurs sujets brûlants de l’actualité en Tunisie : le terrorisme et les conflits sociaux, winou el pétrole, les barons de la contrebande, l’économie…

Habib Essid ne paraissait pas perturbé outre mesure par les événements politiques, économiques et sociaux qui secouent le pays. Bien au contraire, tout au long de l’interview, il affichait plutôt un franc optimisme et bon sens et une forte détermination à aller jusqu’au bout de sa peine, plaidant pour une collaboration bon enfant avec toutes les parties…

« J’irai jusqu’au bout de mon mandat, tant que le devoir m’impose de me battre pour les droits des Tunisiens et pour sortir le pays de cette situation déficitaire », a-t-il répondu à la question de savoir s’il baisserait, un jour, les bras.

Le chef du gouvernement a été très clair à propos de la crise aiguë dans le secteur de l’enseignement. « Tous ceux qui font grève s’exposent irréversiblement à des prélèvements sur leur salaire. Cette mesure sera applicable à tous les grévistes sans exception », a-t-il martelé, rappelant que «cette règle est appliquée partout dans le monde

Il a, d’autre part, fait observer que le gouvernement ne se dérobe pas des engagements pris par ceux qui l’ont précédé, rappelant qu’il a été convenu avec l’UGTT que les augmentations salariales doivent se limiter aux enseignants du secondaire à titre exceptionnel, sans plus, tout en réitérant son appui aux décisions du ministre de l’Education Néji Jaloul, « dont les décisions, a-t-il dit, ont été toutes prises en commun accord avec le gouvernement. »

Il a ajouté que « la situation économique qui se dégrade, ne peut pour le moment donner lieu à de nouvelles augmentations de salaires de façon arbitraire. L’Etat n’a pas la vocation à jouer au bras de fer avec les grévistes, mais plaide plutôt et toujours pour le dialogue», tout en appelant à une trêve sociale, du moins pour cette période que les groupes terroristes exploitent pour sortir de leurs tanières et perpétrer des actes terroristes.

Prié de se prononcer sur la campagne « winou el pétrole », le Premier ministre a fait savoir que les données relatives aux richesses naturelles, notamment énergétiques, sont disponibles et accessibles sur Internet car, a-t-il rappelé, « son gouvernement  n’a rien à cacher et que sa devise est la transparence et rien que la transparence. »

À la question de savoir si des parties sont derrière les mouvements de protestation, Habib Essid a préféré ne pas apporter de l’eau au moulin pour réduire les tensions. « Je pense que nul n’a l’intention de nuire au pays et que tous les leaders politiques ne veulent que du bien pour leur patrie », cachant mal son scepticisme à l’égard de certaines parties qui souhaitent déstabiliser le gouvernement.

Pour le mois de Ramadan, le chef du gouvernement a assuré que des mesures plus drastiques ont été prises afin de prévenir d’éventuels attentats, confiant que la Tunisie œuvre étroitement avec ses voisins algériens dans la lutte commune contre le terrorisme.