Dette tunisienne : raisons de la hausse et solutions à apporter…

Depuis la Révolution, la dette tunisienne a progressé de 58% pour s’établir à 41 milliards de dinars en 2014. Les causes de cette hausse sont multiples et même connues. Revenant sur ces causes, Slim Chaker, ministre des Finances, a indiqué ce matin, lors du 17ème Forum de l’Economiste Maghrébin, qu’en premier lieu s’affiche la baisse du taux de croissance qu’a connu la Tunisie depuis 2011, et ce, en passant de 4,5/5 % en 2010 à 2,8% en 2014, soit une perte moyenne cumulée sur quatre ans de sept points de croissance (un point de croissance coûte à la Tunisie 300 MDT soit 4800 millions de dinars au total). Cette perte représente 32 millions de dinars de dette additionnelle.

Le ministre a cité parmi les causes de progression de la dette, l’augmentation des effectifs dans la Fonction publique et par voie de conséquence celle des salaires. Ainsi, la masse salariale a atteint 6,7 milliards de dinars en 2010, contre 10,5 milliards de dinars en 2014, soit en hausse de 25%.

S’affiche, également, la variation du taux de change entre 2010 et 2014 qui a touché les caisses de l’Etat à hauteur de 1200 millions de dinars.

M. Chaker n’a pas manqué d’affirmer que les dépenses de compensation ont ainsi passé de 1500 millions de dinars en 2010 à 3742 millions en 2014.

De plus, le commerce parallèle et l’évasion fiscale ont causé un manque à gagner de l’ordre de 3600 millions de dinars entre 2011 et 2014 dans les caisses de l’Etat.

Quelles solutions adopter ?

Puisque les causes sont plus ou moins connues, il est temps de faire face pour réduire la dette tunisienne.

Dans ce sens, le ministre a recommandé d’augmenter les ressources, et ce, pour enregistrer une croissance plus élevée. « Pour ce faire, les citoyens doivent reprendre le travail et on doit appliquer strictement la loi, afin d’améliorer la productivité », avertit-il.

Il faut, ainsi, que les Tunisiens prennent le risque d’investir immédiatement pour créer les 600 mille emplois dont le pays a besoin. Sachant que, selon le ministre, il n’y a pas d’autres solutions à part l’investissement et la création d’emplois, surtout que la situation actuelle de la Tunisie exige l’impulsion de l’investissement.

D’autre part, il faut avoir un meilleur rendement fiscal, surtout qu’il y a des gens qui ne payent pas leurs impôts et d’autres qui payent le strict minimum, s’abritant derrière le régime forfaitaire.  Il y a en outre le problème de la contrebande. Le ministère des Finances et les parties concernées en sont conscients et ils sont en train de travailler et d’apporter des réformes au niveau de la fiscalité, la douane, les secteurs financier et bancaire. Mais tout ce travail nécessite, d’après M. Chaker, du temps et des moyens.

« Nous avons déjà engagé les grandes réformes qui sont indispensables pour un nouveau modèle de développement économique basé sur la décentralisation, l’inclusion, un ancrage par le haut de l’économie nationale dans l’économie internationale et à plus fort contenu en valeur ajoutée et en technologie de nos produits.  D’autres solutions s’affichent, à savoir la réduction des dépenses, et ce, à travers le Partenariat Public Privé ( PPP ) dont la loi a déjà été soumise à l’ARP pour examen. Il faut, en troisième lieu, revoir la structure de la dette, notamment par la transformation d’une partie de la dette avec l’Allemagne, l’Italie, la France. Mais ce n’est pas une solution permanente. On peut obtenir des dons, obtenir des crédits sous les meilleures conditions, avec notamment un taux d’intérêt réduit et de longues garanties… ce que nous sommes en train de  faire. Mais il faut être réaliste, la Tunisie doit d’abord compter sur elle-même », a affirmé le responsable, ajoutant qu’il faut aller sur le marché financier international comme c’était le cas en janvier 2015, et travailler de plus en plus pour que la note souveraine de la Tunisie soit meilleure.

Au final, Slim Chaker a fait savoir que malgré les défis à relever, la Tunisie a su réussir sa transition politique et elle est actuellement en bonne voie de réussir sa transition économique, sociale et sécuritaire.

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