Tunisie : la société civile plaide pour la parité homme-femme

Le problème des inégalités entre les hommes et les femmes dans l’administration n’a pas encore eu en Tunisie la solution escomptée. Certes des recherches, des réunions, des dialogues sont menés depuis deux ans, ce qui a poussé 16 associations à plaider pour la parité homme-femme dans les postes à responsabilité, lors d’une conférence qui s’est tenue le 21 avril, dans un hôtel de la capitale et organisée par le Search for common ground.

Selon les dernières statistiques, quel que soit le domaine, les femmes sont moins représentées dans les postes de décision. 37.4 % des femmes travaillent dans la fonction publique et seulement  0.76 %  sont représentées dans les postes à responsabilité. Comment atteindre un équilibre satisfaisant entre les hommes et les femmes dans les postes à responsabilité ?

Pour Fatma Cherif, présidente de l’association “Nissa Tounsiyat”, ce qu’il faudrait c’est changer les lois pour changer les mentalités. Elle explique:” C’est comme si les lois précèdent la mentalité. Certes il y a une mentalité masculine qui existe et on ne peut pas le nier. Nous voulons une loi qui  donne l’opportunité aux femmes d’accéder aux postes de décision parce qu’elles en sont écartées  en raison de la maternité ou encore pour des problèmes  familiaux”.

Grâce à une approche constructive, cette problématique a attiré l’attention des femmes députées qui ont présenté un projet de loi le 16 avril à l’ARP devant la commission des droits, des  libertés et des relations extérieures pour lequel elles ont collecté les15 signatures nécessaires pour déposer leur projet d’amendement.

Concernant les fonctions, le nombre des femmes dans les postes administratifs est égal à celui des hommes. Mais dix ans plus tard, on a plus d’hommes que  de femmes et presque aucune femme dans les postes  de décision. Dans le secteur textile par exemple, les employés sont majoritairement des femmes, mais aucun homme et c’est  pareil dans  d’autres domaines  comme l’agriculture car elles acceptent de travailler pour des salaires minimes de 200  dinars pour subvenir aux besoins de leur famille tandis que l’homme n’aurait jamais accepté un tel salaire pour un travail de 8h voir 9h par jour, il préfère rester au chômage ”.

Et de poursuivre :”A mon avis, on ne peut pas changer une mentalité en une année ou quatre ans, il faudrait travailler sur plusieurs aspects, éducatif, famille… Vous voyez ce qu’a réalisé le leader Habib Bourguiba pour abolir la polygamie, et voilà 60 ans après, les gens n’acceptent plus la polygamie, mais ce n’est qu’avec le temps que les mentalités changent”.

Par ailleurs, Leila Belkhiria Jaber, vice-présidente de la Chambre nationale des femmes chefs d’entreprise à l’Utica,  l’un des objectifs est la mise en application d’une loi qui donnera à la femme plus de pouvoirs pour participer à l’avenir de la Tunisie. Elle  a également suggéré que l’avancement ne soit pas gelé quand elle part élever ses enfants ou pour accoucher, d’autant que les députées bénéficient des mêmes avancements. “ Pourquoi ne pas l’appliquer dans la fonction publique”, a-t-elle dit.

Quant au choix du secteur public plutôt que  privé, Leila Belkhiria Jaber a répondu:” La fonction publique est plus représentative que le privé pour trouver un terrain d’entente commun et atteindre nos objectifs pour davantage de parité homme-femme ».

Outre le projet de loi concernant la fonction publique, il faudrait aussi qu’il y ait un projet de loi contre la discrimination du genre au niveau du recrutement. Selon elle, “ Il y a beaucoup à faire quant à la discrimination ».

De son côté, Ikram Ben Said,  responsable de dialogue de femme de Search for Common ground, déclare : “Nous avons relevé un défi dans la société pour prouver que non seulement les femmes peuvent dialoguer ensemble, mais qu’elles peuvent réussir ensemble. Aujourd’hui elles ont osé le dialogue au moment de la réalisation. Notre but est de partager cette expérience unique pour dire qu’il y a de l’espoir, je suis très optimiste pour le statut de la femme.”

Monia Garci, membre de l’association Amal, déclare quant à elle :”Cela fait deux ans que nous y travaillons, notre cheval de bataille est qu’il n’y ait plus de discrimination à l’égard de l’évolution de carrière”.

Plus de chances à la femme, quoique l’administration tunisienne soit une administration fondée sur l’homme car même si la femme a des contraintes incontournables (maternité, éducation des enfants), elle est autant capable que l’homme d’assumer de hautes fonctions « , a-t-elle conclu.

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