Marché financier, vecteur essentiel de croissance

A l’occasion du 20e anniversaire de la promulgation de la loi n°94-117 portant réorganisation du marché financier, le Conseil du Marché Financier (CMF)a tenu, ce matin, un colloque sur le thème «Le marché financier au service de l’économie», et ce, en présence de Messieurs Hakim Ben Hammouda, ministre de l’Economie et des Finances, Salah Essayel, président du CMF, Fadhel Abdelkefi, Directeur général de Tunisie Valeurs et ex-président du Conseil d’administration de la BVMT, ainsi que des experts en la matière et des représentants de la presse nationale.

Inaugurant cette rencontre, Hakim Ben Hammouda a fait savoir que le secteur financier a constamment été au centre de l’intérêt des pouvoirs publics tunisiens, à la lumière duquel plusieurs réformes ont été adoptées depuis la promulgation de la loi n°94-117 du 14 novembre 1994 portant réorganisation du marché.

Il a noté que la réforme du cadre législatif et réglementaire applicable au marché financier avait pour objectif principal d’accroître sa capacité de financement de l’économie tunisienne en complément du financement bancaire classique.

D’ailleurs, les activités du marché financier n’ont pas cessé, durant les 20 dernières années, d’impulser le développement de l’économie nationale. A preuve, le nombre croissant de sociétés cotées en Bourse qui a presque doublé, durant cette période, passant de 34 sociétés en 1994 à 77 en 2014.

Quant à la capitalisation du marché, elle a été de l’ordre de 2,6 millions de dinars contre 17,3 millions de dinars actuellement. Le volume des transactions est passé de 2,87 millions de dinars à 600 millions de dinars.

«Des avancées considérables ont été réalisées au cours de ces vingt dernières années, mais l’objectif fixé n’est pas encore atteint, comme en témoigne la faiblesse du taux de financement de l’investissement privé via le marché financier», a indiqué le ministre.  Et d’ajouter que le marché ne saurait être pleinement rempli sans sa dynamisation qui nécessite la poursuite de la diversification sectorielle des sociétés cotées en Bourse et le développement de sa capitalisation, afin de lui conférer la profondeur adéquate.

Pour ce faire, M. Ben Hammouda a estimé qu’il faut encourager  à l’introduction en Bourse un nombre substantiel d’entreprises pour renforcer leurs capitaux permanents et spécialement leurs fonds propres, afin de garantir leurs équilibres généraux, accroître l’investissement, réduire les charges financières et améliorer leur compétitivité pour leur permettre de faire face à la concurrence et relever les défis des marchés extérieurs. C’est pourquoi, renchérit le ministre, il est nécessaire de poursuivre les réformes pour accroître l’attractivité du marché financier tunisien en tant que vecteur essentiel de croissance et de développement économique, et consolider son rôle en tant que levier de l’investissement au vu du contexte économique national et international.  Cela passe nécessairement, selon ses propos, par la réalisation d’un saut qualitatif sur la voie de la modernisation, en dotant la place financière tunisienne des outils qui l’habiliteront à ambitionner légitimement d’être à terme «une place financière régionale».

De son côté, le Directeur  général de Tunisie Valeurs, M.Fadhel Abdelkefi, a déclaré que le marché financier marocain est en avance par rapport à nous. En effet, sa capitalisation est six fois supérieure à celle du marché tunisien ; son  marché obligataire est un marché de renommée ; sa dette publique est conforme aux normes internationales et il est doté de la SICAV monétaire, ce qui n’existe pas en Tunisie.  Le marché marocain est, également, ouvert à l’étranger et ses investissements sont institutionnels.

Au vu de cette comparaison, M. Abdelkefi a fait savoir que la Tunisie s’est dotée d’un marché financier qui n’est pas bien structuré, au moment où elle a droit à un marché qui représente 70/80% de son PIB,  marqué par 200/250 sociétés cotées.

Pour réaliser cet objectif, il faut, selon lui, une volonté politique pour pousser l’offre surtout du côté du secteur public et assurer le rééquilibre entre l’offre et la demande.

Toujours est-il que la démarche du CMF a progressé, d’après M. Salah Essayel, durant les deux dernières décennies, et ce, en accompagnant le marché tunisien et  protégeant l’épargne par le renforcement de la transparence des transactions, la garantie des droits et la création de richesses, ainsi que par la veille sur l’intégrité du marché. Cependant, il  reste encore beaucoup à faire !

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