Et si l’économie expliquait la performance des footballeurs !

La théorie des « cycles » économiques expliquerait, semble-t-il, la « supériorité » sud-américaine constatée jusqu’ici au cours de la 20e édition de la Coupe du monde de football. Le constat est du reste facile à faire : 80% des équipes sud-américaines qualifiées sont passées aux huitièmes de finale contre 46% pour les équipes européennes.

Le calcul est vite fait. Sur les 13 équipes européennes qualifiées à la phase finale de la 20e édition de la Coupe du monde de football 2014 (12 juin-13 juillet), seules 6 sont arrivées aux huitièmes de finale qui débutent aujourd’hui, 28 juin 2014. Par contre, sur les 10 équipes sud-américaines qualifiées, 8 ont réussi à passer aux huitièmes de finale. Ce qui nous donne un taux de réussite  d’environ 46% pour le premier groupe de pays et de 80% pour le deuxième groupe.

Et dans ce dernier groupe, les pays d’Amérique du Sud réalisent le meilleur score (5 pays sur 6). Environ, donc, 83%. Les pays de ce groupe sont l’Argentine, le Brésil, le Chili, la Colombie et l’Uruguay.

Un constat qui n’a pas manqué d’être commenté par les journalistes sportifs, notamment sur les plateaux télévisées qui accompagnent  les retransmissions des rencontres programmées à la 20e édition de la Coupe du monde de football.

Certains y voient un « phénomène » lié aux conditions climatiques dans lesquelles se déroule la Coupe du monde 2014. Des conditions qui avantagent les joueurs du continent américain et notamment ceux d’Amérique centrale et du sud : forte chaleur, taux d’humidité pouvant atteindre 100% et forte altitude pouvant atteindre près de 3000 mètres.

Les  NeeskensKrolVan HanegemJansenRensenbrinkHaan, Jongbloed et autres Cruyff

Un aspect des choses qui s’il est à prendre en considération ne peut expliquer seul le « phénomène ». Selon une thèse largement défendue, l’affaire est liée à une certaine « territorialité » des victoires  des éditions de la Coupe du monde. En effet, et si l’on excepte l’édition suédoise, en 1958, remportée par le Brésil, aucune équipe sud-américaine n’a jamais gagné une Coupe du monde sur le sol européen. Pas plus qu’une équipe européenne sur le sol américain.

Est-ce aller vite en besogne, à ce niveau, que de dire que comme  « la territorialité permet un accès plus facile à la reproduction » -des spécialistes des sciences naturelles l’ont prouvé -, elle serait de nature à booster l’effort et l’intelligence ?

D’autres thèses plaident en faveur d’une autre explication : les « cycles » des équipes. En clair : il y a  un temps pour une équipe et un temps pour une autre. En effet, tout le monde a observé à travers l’histoire la domination pendant une période donnée d’une génération de joueurs d’un pays donné qui raflent les trophées ou réalisent de grandes performances.

Dès que celle-ci disparaît, elle est  en effet automatiquement remplacée par une autre venant d’un autre pays. Il y a eu, à ce propos, la génération hollandaise des  NeeskensKrolVan HanegemJansenRensenbrinkHaan, Jongbloed et autres Cruyff, qui a dominé le football mondial des années 70. Et celle tout récemment l’équipe d’Espagne des Casillas, Piqué, Iniesta, Xavi, Ramos, Fabregas,…

Cette vision des choses s’apparente en quelque sorte à celle qui est familière aux économistes qui  voient dans l’économie « des périodes hypothétiques, d’une durée déterminée, qui correspond plus ou moins exactement au retour d’un même phénomène ». On peut se reporter notamment, à ce sujet, aux travaux de l’économiste français Clément Juglar qui est «  l’un des premiers (1862) à mettre le concept en évidence au terme d’une étude comparative de l’évolution des « affaires » sur plusieurs pays » (voir « Des Crises commerciales et leur retour périodique en France, en Angleterre et aux États-Unis », Paris, Guillaumin et Cie,‎ 23 mai 1862).

Peut-on omettre, en menant cette analyse concernant la « supériorité » du football sud-américain, de noter que l’explication peut aussi être trouvée dans le fait qu’il ya beaucoup plus de footballeurs sud-américains en Europe que de footballeurs  européens en Amérique du Sud ?Connaissant, selon cette approche, le terrain et ses acteurs, les footballeurs sud-américains sont plus à même d’être performants. Deux footballeurs seulement de la « Seleção » (nom donné à l’Equipe nationale brésilienne) évoluent au Brésil. Tous les autres jouent dans des clubs européens.

Les spécialistes du marketing ne nous disent-ils  pas –et nous l’ont prouvé- depuis des années que cette connaissance est vitale et favorise une plus grande chance de réussite ?

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